Airbus a annoncé vendredi une réorganisation stratégique de sa division recherche et ingénierie, marquée par la nomination de Rémi Maillard au poste de nouveau directeur de la technologie et vice-président exécutif de l’ingénierie pour les avions commerciaux. Actuellement responsable d’Airbus en Inde et en Asie du Sud, le Français succède à Sabine Klauke et prendra ses fonctions le 1er juillet.
Ce changement intervient alors que le groupe européen explore les contours d’un nouvel avion de ligne appelé à succéder à son best-seller, l’A320neo. Ce programme de nouvelle génération, attendu pour la fin de la décennie, doit intégrer des avancées majeures en propulsion, matériaux, systèmes de bord et design aérodynamique, notamment avec des ailes fines et pliables.
Rémi Maillard cumule désormais deux fonctions clés, mais son titre n’inclura plus celui de Chief Technology Officer, et son rôle ne sera plus représenté au sein du comité exécutif principal du groupe. Ce repositionnement structurel est perçu par certains observateurs comme une rétrogradation de la fonction technologique, bien qu’Airbus insiste sur le caractère stratégique de cette évolution. Dans une note interne, le PDG Guillaume Faury a affirmé que ces nouveaux rôles sont « absolument essentiels à l’avenir d’Airbus ».
Parallèlement, Sabine Klauke dirigera désormais la transformation numérique de la conception et de la fabrication dans l’activité principale des avions commerciaux. Elle pilotera notamment le développement d’un « écosystème d’usine » que Faury considère comme fondamental pour la nouvelle génération de production aéronautique.
Airbus avait déjà fusionné ses fonctions technologique et d’ingénierie en 2021 afin d’unifier la recherche à long terme et les projets de développement. Cette nouvelle phase de réorganisation vise à renforcer l’intégration de ces efforts autour du futur programme d’avion commercial, dans un contexte de concurrence technologique croissante avec Boeing et d’exigences accrues en matière de transition énergétique.
Si Airbus affirme poursuivre ses travaux sur des technologies alternatives, comme l’hydrogène, le groupe a récemment suspendu son projet d’avion régional propre à hydrogène, estimant que l’écosystème nécessaire n’était pas encore mature. Ce report s’inscrit dans une tendance plus large de l’industrie, à l’instar de Boeing et du constructeur ATR, qui ont eux aussi ralenti ou annulé certains projets de recherche ambitieux.
Dans ce contexte, la nouvelle direction technologique d’Airbus devra concilier innovation industrielle, exigences de durabilité et viabilité commerciale pour rester à la pointe d’un secteur en pleine mutation.