L’attaque russe plonge Kiev dans le froid et ravive les craintes autour de la sûreté nucléaire
L’attaque russe plonge Kiev dans le froid et ravive les craintes autour de la sûreté nucléaire

Une vague de frappes russes par drones et missiles a privé plus d’un million de personnes d’électricité à Kiev et fortement perturbé le chauffage urbain, alors que les températures nocturnes descendaient jusqu’à -13 degrés. Selon les autorités ukrainiennes, l’attaque a également touché des sous-stations essentielles au transport de l’électricité provenant des centrales nucléaires, faisant planer un risque accru pour la sûreté nucléaire du pays.

Le président Volodymyr Zelensky a déclaré que plus de 4 000 immeubles résidentiels de la capitale étaient sans chauffage, tandis qu’une grande partie des habitants restaient privés de courant. Des équipes de secours et de réparation ont été mobilisées en urgence pour tenter de rétablir les services essentiels dans une ville paralysée par le froid.

Les frappes ont également fait plusieurs victimes. Quatre personnes ont été tuées, dont trois dans la région de Zaporijia et une dans la région de Kiev. D’autres zones du pays, à l’est, au sud et au nord, ont également été touchées par ces attaques, décrites par l’Ukraine comme l’une des plus importantes de ce mois-ci contre la capitale.

L’Agence internationale de l’énergie atomique a indiqué que plusieurs sous-stations cruciales pour la sûreté nucléaire avaient été endommagées. La centrale de Tchernobyl, symbole de la pire catastrophe nucléaire civile au monde, a temporairement perdu toute alimentation électrique externe avant d’être reconnectée par la suite, selon les autorités ukrainiennes. Plus de la moitié de l’électricité du pays provient du nucléaire.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères a accusé Moscou d’utiliser le risque nucléaire comme un instrument de pression. Le gestionnaire du réseau électrique Ukrenergo a précisé que l’attaque, impliquant selon Kiev plus de 330 drones et plusieurs dizaines de missiles, visait à la fois la production et la distribution d’électricité.

La Russie a de son côté affirmé avoir ciblé des infrastructures énergétiques et industrielles liées à l’effort militaire ukrainien. Ces frappes interviennent alors que des discussions diplomatiques soutenues par les États-Unis se poursuivent autour d’un éventuel règlement du conflit, sans signe tangible d’une désescalade sur le terrain.

Zelensky a exhorté Washington à accroître la pression sur Moscou, estimant que les États-Unis pouvaient faire davantage pour freiner l’offensive russe. Il a également appelé à un durcissement des sanctions, soulignant que certains missiles utilisés lors de l’attaque auraient été produits récemment.

Dans la capitale, les habitants s’organisent tant bien que mal pour affronter le froid, se regroupant dans des centres d’aide d’urgence pour se réchauffer et recharger leurs appareils, tandis que les autorités tentent de stabiliser un réseau électrique déjà lourdement endommagé par près de quatre années de guerre.

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