À Davos, les dirigeants européens affichent l’unité face à Trump, les PDG appellent au sang-froid
À Davos, les dirigeants européens affichent l’unité face à Trump, les PDG appellent au sang-froid

Réunis au Forum économique mondial, les dirigeants européens ont cherché à afficher un front uni face aux menaces commerciales brandies par le président américain Donald Trump, tandis que plusieurs dirigeants d’entreprise ont mis en garde contre des réactions jugées trop émotionnelles. Les déclarations interviennent alors que Washington évoque des droits de douane contre des alliés européens dans le contexte du différend sur le Groenland.

Le président français Emmanuel Macron a exhorté l’Union européenne à ne pas céder à « la loi du plus fort », jugeant « insensé » que le bloc doive envisager l’activation de son instrument anti-coercition contre les États-Unis. Il a appelé à défendre les industries européennes et à refuser un ordre mondial fondé sur la force plutôt que sur le droit.

Sans citer directement Donald Trump, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a souligné que la rapidité et l’ampleur des bouleversements mondiaux avaient renforcé en Europe le consensus en faveur d’une plus grande indépendance stratégique. Elle a invité le continent à saisir l’occasion pour « construire une nouvelle Europe indépendante ».

D’autres responsables ont insisté sur la nécessité de maintenir l’unité. Le Premier ministre belge Bart De Wever a estimé que l’UE se trouvait « à la croisée des chemins », appelant les Vingt-Sept à fixer collectivement des lignes rouges. La vice-Première ministre suédoise Ebba Busch a, de son côté, averti que la flatterie ne suffirait pas et que des options de représailles commerciales devaient rester prêtes.

En coulisses, plusieurs dirigeants financiers et chefs d’entreprise ont toutefois plaidé pour davantage de pragmatisme. Selon eux, l’indignation face au style de communication américain ne doit pas empêcher des négociations substantielles, alors que l’Europe reste divisée sur la meilleure manière de répondre aux menaces tarifaires tout en préservant le soutien de Washington à l’Ukraine.

Les capitales européennes considèrent que de nouveaux droits de douane violeraient un accord commercial conclu l’an dernier avec les États-Unis. Les dirigeants de l’UE doivent discuter d’éventuelles contre-mesures lors d’un sommet d’urgence, tandis que le secrétaire au Trésor américain Scott Bessent s’est dit confiant dans la capacité des deux parties à éviter une guerre commerciale prolongée.

En marge des débats, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a indiqué qu’il participerait aux discussions à Davos si des garanties de sécurité et un plan de reconstruction crédibles étaient mis sur la table. Son appel intervient après de nouvelles frappes russes ayant affecté l’approvisionnement énergétique de la capitale ukrainienne et des infrastructures jugées cruciales pour la sûreté nucléaire.

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