Le groupe franco-néerlandais Air France-KLM a vu son titre chuter de près de 13 % à la Bourse de Paris hier jeudi, après la publication de résultats trimestriels jugés décevants par les analystes. Les performances du troisième trimestre, traditionnellement la période la plus lucrative de l’année, n’ont pas été à la hauteur des espérances, notamment en raison des contre-performances de sa filiale low-cost Transavia et du recul de ses recettes dans le fret aérien. Entre juillet et septembre, Air France-KLM a enregistré un chiffre d’affaires de 9,21 milliards d’euros, en hausse de 4,8 % sur un an, mais inférieur aux 9,39 milliards anticipés par les analystes. Son résultat d’exploitation atteint 1,2 milliard d’euros, contre 1,28 milliard attendu. La société UBS résume la situation : « Des résultats plus faibles qu’espéré. »
Des revenus affectés par la baisse du cargo et de Transavia
Le groupe a transporté 4,7 % de passagers supplémentaires sur la période, mais la croissance de son trafic est restée inférieure à celle de ses capacités, entraînant un léger recul du coefficient de remplissage à 88,8 %, contre 89,3 % un an plus tôt. Surtout, la recette unitaire, c’est-à-dire le revenu par passager et par kilomètre, a diminué de 0,5 % hors effets de change. Cette baisse s’explique principalement par la chute de 5,1 % des recettes unitaires du transport de fret et de 2,8 % de celles de Transavia, dont les tarifs plus bas n’ont pas compensé la hausse des coûts opérationnels. À l’inverse, les compagnies Air France et KLM ont vu leurs revenus progresser sur les classes premium, segment de plus en plus stratégique pour le groupe.
Une stratégie tournée vers le haut de gamme malgré la turbulence
Ces dernières années, Air France-KLM a choisi de miser sur la montée en gamme de son offre. Les sièges premium représentent désormais 9 % de la flotte d’Air France contre 8 % en 2022, et ce taux devrait atteindre 10 % d’ici 2028. Chez KLM, il est passé de 0 à 6 % en deux ans et devrait grimper à 9 % dans trois ans. Malgré le repli du bénéfice net, qui recule de 6 % à 730 millions d’euros, le groupe souligne l’effet positif de la baisse des prix du carburant, estimé à 107 millions d’euros sur le trimestre. Le coût unitaire global a toutefois progressé de 1,3 %, dans un contexte économique encore tendu pour le transport aérien européen. Air France-KLM maintient ses prévisions pour 2025, misant sur une hausse des capacités entre 4 % et 5 % pour l’ensemble du groupe, avec une croissance supérieure à 10 % pour Transavia. L’entreprise table également sur une maîtrise stricte de ses coûts et sur une réduction de son endettement, qu’elle espère ramener à un ratio compris entre 1,5 et 2 fois son résultat brut d’exploitation. Mais pour l’heure, le marché a tranché : les investisseurs sanctionnent durement le groupe.