Pour des milliers d’étudiants, l’été ne rime pas uniquement avec vacances. Il représente avant tout l’occasion de financer une partie de l’année universitaire, le loyer, les frais de transport ou encore les dépenses du quotidien. Mais cette année, décrocher un emploi saisonnier est devenu un véritable parcours du combattant. Malgré plus de 2,27 millions de projets de recrutement recensés en France en 2026, les candidatures affluent massivement sur les mêmes postes, notamment dans la restauration, le commerce et le tourisme, où les étudiants sont les plus présents.
Les recruteurs recherchent de plus en plus des candidats immédiatement opérationnels, disponibles sur de longues périodes et disposant déjà d’une première expérience. Une évolution qui pénalise les étudiants les plus jeunes ou ceux qui cherchent uniquement un emploi de quelques semaines. Si l’hôtellerie-restauration prévoit près de 319 000 recrutements cette année, la concurrence reste particulièrement forte dans les grandes villes universitaires comme Paris, où les offres sont rapidement pourvues.
« J’ai envoyé plus de 70 candidatures »
À Paris, Adrien, 20 ans, étudiant en deuxième année de psychologie, espérait travailler deux mois dans un restaurant ou un magasin afin de financer sa rentrée. « J’ai envoyé plus de 70 candidatures entre avril et juin. J’ai obtenu seulement trois entretiens et aucune réponse positive. On me disait souvent qu’il fallait déjà avoir une expérience ou être disponible jusqu’à septembre. À force, on finit par douter de soi. » Finalement, il a décroché un contrat de trois semaines dans une boutique grâce au bouche-à-oreille. « Ce n’est pas ce que j’espérais, mais je ne pouvais pas rentrer chez mes parents sans avoir gagné un peu d’argent. »
Même constat pour Agathe, 25 ans, étudiante en master de traduction à Paris. Habituée à travailler chaque été, elle observe un net changement. « Avant, je trouvais un emploi en quelques semaines. Cette année, j’ai senti que tout le monde postulait aux mêmes annonces. Certaines offres recevaient plusieurs centaines de candidatures en quelques jours. J’ai finalement accepté un contrat à temps partiel, moins bien rémunéré que les années précédentes, simplement pour assurer mes dépenses de septembre. »
Une concurrence qui pousse les étudiants à s’adapter
Selon l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail, près d’un tiers des recrutements prévus en 2026 concernent des emplois saisonniers. Les métiers de serveur, d’employé polyvalent de restauration, d’animateur ou encore d’agent d’entretien figurent parmi les plus recherchés. Pourtant, ces postes attirent désormais des profils très variés : étudiants, salariés en reconversion, travailleurs indépendants en recherche d’un complément de revenus ou encore demandeurs d’emploi.
Face à cette concurrence accrue, de nombreux étudiants élargissent leurs recherches, acceptent une mobilité plus importante ou se tournent vers des missions ponctuelles via les plateformes d’intérim. D’autres renoncent tout simplement à trouver un emploi d’été. Pour beaucoup, ces difficultés interrogent la capacité des jeunes à financer leurs études dans un contexte où le coût de la vie continue d’augmenter. Plus qu’un simple revenu complémentaire, le job saisonnier est devenu un élément essentiel de l’équilibre budgétaire de nombreux étudiants.
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