L’économie française résiste. Selon les chiffres publiés ce mercredi 6 août par l’Insee, l’emploi salarié privé est resté stable au deuxième trimestre 2025, malgré un contexte économique toujours tendu. Entre fin mars et fin juin, 4 800 postes ont été supprimés dans le secteur privé, soit une évolution globale de 0,0 %, après une baisse plus marquée au trimestre précédent (–0,1 %, soit 28 700 postes perdus). Ce maintien s’explique en grande partie par une croissance du PIB plus solide qu’attendu (+0,3 % au printemps), qui a permis de compenser l’effet négatif des gains de productivité sur l’emploi. Comme le souligne l’économiste Éric Heyer (OFCE), ces gains de productivité, bien qu’efficaces à long terme, ont tendance à réduire les besoins en main-d’œuvre à court terme.
Un solde annuel négatif mais un niveau supérieur à l’avant-Covid
Sur un an, la tendance reste toutefois légèrement négative : le secteur privé a perdu 93 900 emplois depuis juin 2024, soit un recul de 0,4 %. Malgré cela, le nombre total d’emplois privés reste supérieur d’un million à celui de la fin 2019, juste avant la crise sanitaire. Une progression nette de 5,2 % qui témoigne de la forte dynamique observée à la sortie du Covid, période marquée par une création d’emplois sans précédent… mais aussi par une productivité affaiblie. Ce nouvel équilibre, une croissance molle mais porteuse, une productivité qui remonte, et un emploi qui se maintient, marque un tournant pour le marché du travail. Reste à savoir si cette stabilité est durable ou si elle annonce un ajustement plus brutal à venir. En attendant, l’économie française semble maintenir son cap, à défaut de naviguer à pleine vitesse.