Un ex-avocat d’El Chapo et un ancien trafiquant en lice pour devenir juges au Mexique
Un ex-avocat d’El Chapo et un ancien trafiquant en lice pour devenir juges au Mexique

À quelques jours des premières élections judiciaires fédérales de l’histoire du Mexique, la polémique enfle autour de plusieurs candidats aux passés controversés. Parmi eux, Silvia Delgado, ancienne avocate du narcotrafiquant Joaquín « El Chapo » Guzmán, et Leopoldo Chávez, un ex-trafiquant de drogue ayant purgé une peine de prison aux États-Unis, sont désormais en lice pour occuper des postes de juges dans un système judiciaire en pleine mutation.

Cette réforme, portée par l’ex-président Andrés Manuel López Obrador et soutenue par l’actuelle cheffe de l’État, Claudia Sheinbaum, vise à démocratiser la nomination des magistrats en confiant leur élection au suffrage populaire. Mais à l’approche du scrutin du 1er juin, elle soulève de vives inquiétudes sur l’indépendance du pouvoir judiciaire et le risque d’infiltration par le crime organisé.

Parmi les 5 000 candidats aux quelque 840 postes fédéraux, près de 150 sont signalés pour leur passé judiciaire ou leurs liens présumés avec des cartels, selon l’Observatoire judiciaire électoral et l’organisation Defensorxs. C’est notamment le cas de Francisco Hernández, ancien juge accusé d’abus sexuels et de corruption, et de Fernando Escamilla, avocat ayant conseillé des membres du cartel des Zetas sur des questions d’extradition.

Silvia Delgado, pour sa part, revendique son intégrité et défend son travail passé comme étant conforme à ses devoirs professionnels. Candidate dans l’État de Chihuahua, elle affirme n’avoir aucun lien avec les cartels et se présente comme une femme de terrain, issue d’un parcours difficile. « Ils ne peuvent pas me brûler pour avoir représenté quelqu’un », déclare-t-elle. « Le meilleur héritage que je puisse laisser, c’est d’avoir été une personne intègre. »

Malgré les critiques, les autorités électorales affirment qu’il est trop tard pour retirer les candidats avant le vote, mais assurent qu’une disqualification postérieure est possible si l’inéligibilité est prouvée. Une course contre la montre est désormais lancée, les enquêtes devant être conclues avant le 15 juin, date de confirmation officielle des résultats. En attendant, la réforme divise le pays et place la démocratie mexicaine face à l’un de ses plus grands défis contemporains.

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