La crise politique s’intensifie en Thaïlande après la destitution de la Première ministre Paetongtarn Shinawatra par la Cour constitutionnelle pour violation éthique. Mercredi, le parti au pouvoir a annoncé vouloir dissoudre la Chambre des représentants et convoquer des élections anticipées, alors qu’un parti rival a obtenu un soutien crucial pour former un nouveau gouvernement.
Le Parti Bhumjaithai, dirigé par Anutin Charnvirakul, a en effet reçu l’appui du People’s Party, la plus grande formation du Parlement. Cette alliance ouvre la voie à sa candidature au poste de Premier ministre, au détriment du camp Shinawatra, affaibli malgré son influence historique dans la vie politique thaïlandaise.
Depuis la décision de justice qui a écarté Paetongtarn Shinawatra, le pays est plongé dans une impasse institutionnelle. Les tractations entre partis se sont intensifiées, révélant la fragilité de la majorité et les divisions persistantes autour de la dynastie Shinawatra, longtemps dominante mais aujourd’hui en perte de vitesse.
La perspective d’élections anticipées, réclamées par le parti au pouvoir, ajoute une nouvelle incertitude dans un climat déjà tendu. Les analystes estiment que cette manœuvre vise à reprendre la main face à l’élan pris par Bhumjaithai, qui pourrait rallier suffisamment de soutiens pour gouverner.
Cette lutte de pouvoir illustre les fractures chroniques de la politique thaïlandaise, marquée depuis deux décennies par l’instabilité, les interventions judiciaires et militaires, ainsi que la rivalité persistante entre l’establishment conservateur et le clan Shinawatra.