Le milliardaire populiste tchèque Andrej Babis, dont le parti ANO est arrivé en tête des élections législatives du 3 et 4 octobre sans obtenir la majorité absolue, a annoncé mardi qu’il envisageait désormais d’intégrer des ministres issus des partis eurosceptiques et d’extrême droite au sein de son futur gouvernement.
Babis, ancien Premier ministre et figure controversée de la politique tchèque, avait d’abord déclaré vouloir former un cabinet minoritaire composé uniquement de membres de son parti, soutenu de l’extérieur par les Motoristes (parti eurosceptique) et le SPD, formation d’extrême droite ouvertement hostile à l’Union européenne et à l’OTAN. Mais face à la pression de ses alliés potentiels, il s’est dit prêt à revoir cette stratégie.
Les deux partis, dont le soutien est indispensable pour assurer une majorité parlementaire, ont exigé de participer directement à l’exécutif. Le SPD a notamment réclamé des portefeuilles régaliens, évoquant la nécessité de « restaurer la souveraineté nationale » et de « réduire la dépendance envers Bruxelles ».
La perspective d’une telle coalition inquiète les observateurs européens, qui redoutent un virage politique majeur en République tchèque, pays jusqu’ici considéré comme un allié solide de l’Union européenne au sein du bloc d’Europe centrale. Certains diplomates ont évoqué le risque d’un isolement progressif de Prague si Babis s’appuie durablement sur des forces ouvertement anti-UE.
Le chef du parti ANO a affirmé vouloir entamer « des discussions constructives » avec ses partenaires potentiels dans les prochains jours, tout en insistant sur la stabilité économique et la défense des intérêts nationaux comme priorités de son futur gouvernement.