SEOUL – Le candidat conservateur à l’élection présidentielle sud-coréenne, Kim Moon-soo, s’est dit lundi ouvert à un réexamen du partage des coûts liés au stationnement des troupes américaines en Corée du Sud, une demande récurrente du président américain Donald Trump, actuellement engagé dans une nouvelle série de négociations commerciales musclées avec ses alliés.
Lors d’une rencontre avec la Chambre de commerce américaine en Corée, Kim a déclaré qu’il comprenait l’inquiétude suscitée par les propos de Trump, qui souhaite que la Corée du Sud augmente sa contribution financière à la présence militaire américaine sur son sol. « Les gens sont nerveux si le président Trump dit qu’il faut augmenter la part (de la Corée du Sud) de l’armée américaine en Corée du Sud, et je crois que nous pouvons l’augmenter dans une certaine mesure », a-t-il affirmé, ajoutant que la priorité devait rester la garantie du maintien de cette présence.
Quelque 28 500 soldats américains sont actuellement déployés en Corée du Sud, dans le cadre d’un accord bilatéral visant à dissuader les menaces de la Corée du Nord. Un accord conclu en octobre dernier prévoit une augmentation progressive de la contribution sud-coréenne, qui s’élève désormais à 1,52 billion de wons (environ 1,09 milliard de dollars), soit une hausse de 8,3 % sur cinq ans.
Kim Moon-soo, qui représente le Parti du pouvoir populaire, se présente à l’élection présidentielle anticipée du 3 juin, organisée après la destitution de l’ancien président Yoon Suk Yeol. Ce dernier a été démis de ses fonctions à la suite d’une tentative controversée d’instaurer la loi martiale dans le contexte de troubles politiques croissants.
Selon Kim, il est stratégique pour Séoul de faire preuve de flexibilité financière afin de préserver l’ancrage sécuritaire américain, tout en restant vigilant sur les exigences commerciales de Washington. Trump a récemment laissé entendre que la question des coûts militaires pourrait être liée aux droits de douane imposés aux exportations sud-coréennes, dans le cadre de sa politique de « réciprocité commerciale ».
Les responsables sud-coréens ont toutefois souligné que l’accord de partage des coûts conclu l’an dernier n’était pas négociable, et ne devrait pas être mêlé aux différends commerciaux actuels. Kim, lui, semble privilégier une approche plus pragmatique, affichant sa volonté de « discuter » sans pour autant remettre en cause la souveraineté des engagements pris.