Le parti Reform UK, dirigé par Nigel Farage, a dévoilé cette semaine un projet controversé visant à expulser massivement des demandeurs d’asile du Royaume-Uni. Cette politique impliquerait le retrait de plusieurs traités internationaux relatifs aux droits de l’homme et des accords avec des gouvernements autoritaires pour reprendre leurs ressortissants.
Farage affirme que si son parti remportait les prochaines élections générales prévues en 2029, il pourrait expulser jusqu’à 600 000 demandeurs d’asile au cours de son premier mandat de cinq ans. Reform UK, qui ne dispose actuellement que de quatre sièges à la Chambre des communes, est néanmoins en tête dans de nombreux sondages d’opinion, ce qui confère un poids croissant à ses propositions.
Le chiffre de 600 000 provient des estimations officielles sur le nombre de demandeurs d’asile présents illégalement au Royaume-Uni, un sujet qui alimente le débat politique depuis plus d’une décennie. Les gouvernements successifs, d’abord conservateurs puis travaillistes sous l’actuel Premier ministre Keir Starmer, se sont efforcés de mieux contrôler les arrivées, notamment par la Manche, sans parvenir à endiguer le phénomène.
Une telle politique représenterait l’une des initiatives les plus radicales jamais envisagées en Europe face à l’immigration irrégulière. Mais elle soulève de nombreuses interrogations pratiques et juridiques : le retrait du Royaume-Uni des conventions internationales exposerait Londres à un isolement diplomatique et à des contestations judiciaires, tandis que la coopération avec des régimes autoritaires risquerait d’alimenter de vives critiques en matière de droits humains.
Alors que les traversées de migrants depuis la France atteignent des records, Reform UK capitalise sur le sentiment d’impuissance d’une partie de l’opinion publique face à l’immigration. Mais experts et juristes doutent de la faisabilité concrète d’une telle mesure, qui nécessiterait des moyens logistiques colossaux et pourrait heurter profondément les engagements internationaux du Royaume-Uni.