Libéré après cinq ans de prison, l'opposant biélorusse Tsikhanouski appelle à poursuivre la lutte contre Loukachenko
Libéré après cinq ans de prison, l'opposant biélorusse Tsikhanouski appelle à poursuivre la lutte contre Loukachenko

VILNIUS, 22 juin 2025 – Libéré après plus de cinq années d’incarcération, l’opposant biélorusse Syarhei Tsikhanouski a exhorté dimanche les citoyens de son pays à poursuivre la lutte contre le régime autoritaire d’Alexandre Loukachenko. Sa libération, négociée par les États-Unis, constitue un geste diplomatique fort du président biélorusse en quête de réchauffement avec l’Occident.

Gracié samedi par Loukachenko, Tsikhanouski a été immédiatement transféré en Lituanie, où il a retrouvé son épouse, Sviatlana Tsikhanouskaya, figure de proue de l’opposition en exil. Le couple est apparu ensemble dimanche à Vilnius lors d’une conférence de presse marquée par l’émotion et la détermination. « Il est vivant, grâce à Dieu nous sommes ensemble, et ensemble nous continuons notre combat pour notre patrie et la liberté du reste des prisonniers politiques », a déclaré Tsikhanouskaya.

Dans une déclaration symbolique, Tsikhanouski a levé le poing et lancé un appel au peuple biélorusse : « Si vous attendiez un signe, le voici ». Le blogueur, qui avait été arrêté en 2020 alors qu’il envisageait de se présenter contre Loukachenko, est devenu une icône de la répression politique exercée par le régime en place.

Sviatlana Tsikhanouskaya, exilée en Lituanie depuis la réélection contestée de Loukachenko en 2020, a salué l’intervention du président américain Donald Trump. « Je tiens à remercier le président Trump et son administration. Sans leur aide, ce moment aurait été impossible », a-t-elle affirmé. Washington a joué un rôle clé dans les négociations ayant conduit à la libération de Tsikhanouski et de treize autres prisonniers politiques, selon les autorités lituaniennes.

Cette libération collective représente le geste le plus significatif de Loukachenko en vue de briser son isolement international. En difficulté face aux sanctions occidentales et à une économie sous pression, le président biélorusse semble vouloir ouvrir la voie à un dialogue avec les États-Unis et l’Union européenne.

Malgré sa libération, Tsikhanouski a précisé qu’il ne reprendrait pas immédiatement un rôle politique actif, laissant ce rôle à son épouse, qui continuera à diriger le mouvement d’opposition depuis l’étranger. Le couple reste cependant uni dans sa volonté de faire pression pour la libération de tous les prisonniers politiques encore détenus en Biélorussie.

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