L’extrême droite dépasse Friedrich Merz dans les sondages après un été politique houleux
L’extrême droite dépasse Friedrich Merz dans les sondages après un été politique houleux

À l’occasion de son centième jour à la chancellerie, Friedrich Merz voit sa popularité reculer face à la montée de l’extrême droite. Selon un sondage Forsa publié mardi, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) devance désormais les conservateurs avec 26 % des intentions de vote, soit deux points de plus que le parti de Merz. Cette bascule intervient à l’issue d’un été difficile, marqué par des polémiques internes et des décisions qui ont divisé ses soutiens.

Deux épisodes récents semblent avoir cristallisé les tensions. D’une part, une nomination judiciaire maladroite a suscité de vives critiques. D’autre part, le revirement du chancelier sur la livraison d’armes à Israël — suspendue après l’annonce par Tel-Aviv de son intention d’occuper complètement Gaza — a provoqué la colère d’alliés conservateurs, qui y ont vu une remise en cause des engagements historiques de l’Allemagne envers l’État hébreu.

Si cette décision a trouvé un écho favorable auprès d’une partie de l’opinion publique, elle a mis à mal l’unité de la coalition bipartite que Merz dirige avec les sociaux-démocrates. Le gouvernement, pourtant, peut revendiquer plusieurs succès notables, notamment l’adoption d’un plan de réduction de la dette de près d’un billion d’euros, destiné à stimuler l’économie et à financer l’aide à l’Ukraine, rompant ainsi avec des décennies de rigueur budgétaire.

L’automne s’annonce néanmoins périlleux pour l’exécutif, avec des choix délicats à venir concernant la relance d’une économie en berne et l’arbitrage de coupes budgétaires douloureuses. Dans un paysage politique de plus en plus fragmenté, l’AfD semble capitaliser sur le mécontentement, renforçant sa position comme principale force d’opposition.

Ce recul dans les sondages met Merz sous pression, alors que ses premiers mois au pouvoir étaient censés consolider son assise politique. La suite de son mandat pourrait bien se jouer sur sa capacité à éviter de nouvelles fractures au sein de sa majorité et à répondre aux inquiétudes économiques des Allemands.

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