Les élections présidentielles organisées en Guinée devraient permettre au chef de la transition, Mamadi Doumbouya, de consolider son emprise sur le pouvoir, selon des analystes et observateurs cités par Reuters. Arrivé à la tête du pays à la suite du coup d’État de 2021, l’ancien commandant des forces spéciales s’est présenté comme le garant de la stabilité et de la refondation de l’État.
La campagne électorale s’est déroulée dans un climat tendu, marqué par de fortes restrictions imposées aux partis d’opposition et aux médias. Les Nations unies ont affirmé que la période précédant le scrutin avait été entachée par des disparitions forcées, des arrestations arbitraires et des limitations sévères de la liberté de la presse, des accusations rejetées par les autorités guinéennes.
Doumbouya, qui a multiplié les rassemblements ces dernières semaines, met en avant son bilan économique et sécuritaire. Sous sa direction, la Guinée a notamment lancé un vaste projet de mine de minerai de fer, présenté par le pouvoir comme un levier clé pour relancer l’économie et attirer les investissements étrangers dans ce pays riche en ressources naturelles.
Malgré les critiques internationales, les partisans du président sortant estiment que ces élections marquent une étape décisive vers la fin de la transition militaire. Ses détracteurs, en revanche, dénoncent un scrutin joué d’avance, destiné avant tout à légitimer durablement un pouvoir issu de l’armée.
Dans un contexte régional où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest sont dirigés par des juntes militaires, le scrutin guinéen est suivi de près par les voisins du pays et par la communauté internationale, qui s’interrogent sur la capacité de Conakry à renouer avec un ordre constitutionnel pleinement démocratique.