Le Kosovo se rend aux urnes lors d’élections anticipées pour sortir de l’impasse politique
Le Kosovo se rend aux urnes lors d’élections anticipées pour sortir de l’impasse politique

Les électeurs du Kosovo votent dimanche lors d’élections législatives anticipées, les deuxièmes de l’année, dans l’espoir de mettre fin à une impasse politique qui menace d’entraîner ce jeune État des Balkans dans une crise prolongée. Le scrutin a été convoqué après l’échec du parti Autodétermination du Premier ministre Albin Kurti à former un gouvernement malgré sa victoire aux élections du 9 février dernier.

Ce blocage de plusieurs mois constitue une première depuis que le Kosovo a proclamé son indépendance de la Serbie en 2008, à l’issue d’une guerre qui s’était achevée par une intervention de l’OTAN. Bien que le mouvement de Kurti soit à nouveau donné favori, il n’est pas certain qu’il parvienne à obtenir une majorité suffisante au sein du Parlement de 120 sièges, laissant planer le risque d’un nouveau scrutin sans issue.

La paralysie institutionnelle a déjà des conséquences concrètes, notamment l’impossibilité d’adopter le budget de l’an prochain, ce qui alimente les inquiétudes quant à l’impact sur l’économie fragile de ce pays d’environ deux millions d’habitants. La situation pourrait encore se compliquer avec l’élection prévue d’un nouveau président en mars, le mandat de l’actuelle cheffe de l’État Vjosa Osmani arrivant à échéance début avril. Un nouvel échec ouvrirait la voie à d’autres élections anticipées.

Lors du scrutin de février, Autodétermination avait obtenu environ 42 % des voix, tandis que les principaux partis d’opposition, la Ligue démocratique du Kosovo et le Parti démocratique du Kosovo, avaient réuni ensemble près de 40 %. Selon les analystes, de légères variations pourraient cette fois s’avérer décisives pour la formation d’une coalition, notamment avec l’appui de partis représentant les minorités.

La campagne a été dominée par les thèmes de la stabilité, de la sécurité et du coût de la vie, dans un contexte de tensions persistantes avec la Serbie, qui ne reconnaît toujours pas l’indépendance du Kosovo. Ces inquiétudes régionales se sont accentuées depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022, Moscou étant un allié clé de Belgrade. Malgré quelques signaux d’apaisement récents dans le nord du pays à majorité serbe, l’issue du vote est largement perçue comme déterminante pour l’avenir politique et économique du Kosovo.

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