Les Camerounais se sont rendus aux urnes dimanche pour une élection présidentielle décisive, dominée par la figure du président sortant Paul Biya, au pouvoir depuis 1982 et âgé de 92 ans, qui espère prolonger son règne déjà long de plus de quatre décennies.
Considéré comme le plus vieux dirigeant en exercice au monde, Biya brigue un huitième mandat à la tête du pays, malgré une contestation croissante et une lassitude populaire face à des décennies de stagnation économique et de crise sécuritaire persistante dans plusieurs régions, notamment dans le nord et l’ouest anglophones.
Face à lui, l’ancien porte-parole du gouvernement Issa Tchiroma, 76 ans, apparaît comme son principal rival. Longtemps allié de Biya, il a rallié plusieurs partis d’opposition et mouvements civiques, promettant de tourner la page d’un régime qu’il qualifie de « dépassé ». Sa campagne a attiré de larges foules réclamant un changement générationnel et institutionnel.
Le scrutin, organisé sous haute surveillance, s’est globalement déroulé dans le calme, bien que des incidents isolés aient été signalés dans certaines zones à risque. La participation devrait être déterminante pour mesurer l’ampleur de la contestation face à Biya, dont le parti, le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC), conserve un fort ancrage administratif et territorial.
Les résultats officiels de l’élection sont attendus d’ici quinze jours, mais la plupart des observateurs estiment que le président sortant devrait l’emporter sans difficulté, consolidant encore son statut de figure politique quasi monarchique en Afrique centrale.