L’Australie reconduit Anthony Albanese : les électeurs « ont choisi l’unité plutôt que la division »
L’Australie reconduit Anthony Albanese : les électeurs « ont choisi l’unité plutôt que la division »

Le Premier ministre australien Anthony Albanese a salué dimanche la victoire claire de son parti lors des élections législatives, affirmant que les électeurs avaient choisi l’unité face à la division. En visite dans un café de Sydney au lendemain du scrutin, il a été chaleureusement accueilli par ses partisans et s’est engagé à poursuivre une gouvernance stable pour ce second mandat.

Le Parti travailliste, de centre-gauche, a remporté une majorité confortable à la Chambre des représentants, s’assurant au moins 85 des 150 sièges, alors que le dépouillement se poursuivait. Une telle progression est rare pour un gouvernement sortant en Australie, où l’usure du pouvoir entraîne souvent un recul dès un second mandat.

« Les Australiens ont voté pour l’unité plutôt que pour la division », a déclaré Albanese devant la presse, soulignant que son gouvernement resterait « discipliné et ordonné » comme lors de son premier mandat. Son ministre des Finances, Jim Chalmers, a attribué ce succès à la volonté des électeurs de trouver de la stabilité dans un monde marqué par les turbulences économiques, notamment celles provoquées par les nouvelles politiques tarifaires de Donald Trump.

L’opposition conservatrice dirigée par Peter Dutton a subi une défaite cuisante, ramenée à seulement 37 sièges. Fait notable, Dutton a lui-même perdu son siège parlementaire, un revers comparé à celui de l’opposant canadien Pierre Poilievre, battu dans un contexte similaire de tensions commerciales avec les États-Unis.

La campagne australienne a été marquée par des accusations selon lesquelles Dutton aurait envisagé la construction de sept centrales nucléaires financées par l’État, sans jamais dévoiler les sites prévus. Surnommé « DOGE-y Dutton » par ses adversaires, il a également été critiqué pour avoir attisé les divisions culturelles, notamment en refusant de se tenir devant les drapeaux aborigènes lors de ses interventions publiques.

Malgré l’impact des tarifs douaniers américains de 10 % sur certaines exportations australiennes, le gouvernement estime que les effets directs resteront « gérables et modestes ». Mais Chalmers a averti que les tensions croissantes entre Washington et Pékin jetaient « une ombre inquiétante » sur l’économie mondiale.

Anthony Albanese devient ainsi le premier chef de gouvernement australien à obtenir deux victoires électorales consécutives depuis John Howard en 2004. À l’époque, ce dernier avait lui aussi perdu son siège lors du scrutin suivant, amorçant une période d’instabilité politique en Australie. Depuis, six Premiers ministres se sont succédé, parfois avec des retours inattendus.

Le Premier ministre a indiqué que le premier dirigeant étranger à le féliciter avait été son homologue de Papouasie-Nouvelle-Guinée, James Marape, qui l’a appelé dès 7h45 dimanche matin. Des messages ont également été envoyés par le Premier ministre néo-zélandais Christopher Luxon, le Britannique Keir Starmer et le président français Emmanuel Macron. Albanese devait aussi s’entretenir avec les présidents indonésien et ukrainien dans la journée.

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