La gauche bolivienne subit une défaite historique, un second tour attendu en octobre
La gauche bolivienne subit une défaite historique, un second tour attendu en octobre

La Bolivie s’oriente vers un bouleversement politique majeur après les résultats provisoires de l’élection présidentielle de dimanche. Le sénateur centriste Rodrigo Paz, du Parti démocrate-chrétien (PDC), est arrivé en tête avec 32,18 % des voix, devançant nettement le Mouvement pour le socialisme (MAS), au pouvoir depuis deux décennies, qui connaît sa plus lourde défaite électorale en une génération.

Le MAS, représenté par Eduardo del Castillo, proche de l’ancien président Evo Morales et du chef de l’État sortant Luis Arce, n’a recueilli que 3,16 % des suffrages, selon les premiers chiffres publiés par le tribunal électoral. Ce score confirme l’effondrement d’un parti fracturé par les rivalités internes et les appels au boycott de Morales, qui n’ont pas trouvé d’écho dans l’opinion.

Derrière Paz, l’ancien président conservateur Jorge « Tuto » Quiroga, candidat de la coalition Alianza, s’est assuré la deuxième place avec 26,94 %. Il a rapidement reconnu les résultats et confirmé sa participation au second tour prévu le 19 octobre, félicitant Paz pour sa performance.

S’exprimant dimanche soir devant ses partisans à La Paz, Paz a affirmé que « la Bolivie ne demande pas seulement un changement de gouvernement, elle demande un changement de système politique ». Le sénateur a présenté son avance comme « le début d’une grande victoire, d’une grande transformation », galvanisant une foule qui scandait « renouveau ».

Ce scrutin marque un tournant historique pour un pays longtemps dominé par la gauche incarnée par Evo Morales et son héritage politique. La perspective d’un duel entre un centriste et un conservateur ouvre une nouvelle page dans l’histoire politique bolivienne, tandis que le MAS semble relégué à un rôle marginal.

Le second tour du 19 octobre sera décisif pour déterminer la future orientation d’un pays de 12 millions d’habitants, riche en ressources stratégiques comme le lithium, et qui pourrait bientôt connaître une alternance idéologique majeure.

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