Les Irlandais votent ce vendredi pour élire leur nouveau président, et Catherine Connolly, figure indépendante et vétérane de la gauche irlandaise, apparaît comme la grande favorite pour succéder à Michael D. Higgins, selon les derniers sondages.
Âgée de 68 ans, Connolly, connue pour son franc-parler et son positionnement anti-establishment, incarne une gauche indépendante profondément critique de l’Union européenne. Longtemps élue du comté de Galway, elle s’est illustrée au Parlement comme une voix dissidente contre les politiques d’austérité et l’alignement de Dublin sur les orientations militaires de Bruxelles.
Connolly a notamment dénoncé à plusieurs reprises les plans européens de renforcement de la défense commune, estimant qu’ils mettaient en péril la tradition de neutralité militaire de l’Irlande. Ce positionnement, inhabituel dans un pays largement pro-européen, ne semble toutefois pas lui nuire : les sondages la donnent largement en tête face à son principal rival, le candidat soutenu par le gouvernement.
L’élection présidentielle irlandaise, dont le rôle est avant tout symbolique et unificateur, reste néanmoins un baromètre de l’humeur politique du pays. Le scrutin intervient dans un contexte de fatigue électorale et de défiance croissante envers les partis traditionnels.
Si sa victoire se confirme, Catherine Connolly deviendrait la deuxième femme présidente de l’histoire de l’Irlande, après Mary Robinson, et marquerait un tournant politique symbolique pour une fonction souvent perçue comme consensuelle et apolitique. Les résultats officiels sont attendus dans le courant du week-end.