HARET HREIK, Liban — Pour la première fois en près d’une décennie, les Libanais se sont rendus aux urnes dimanche pour des élections locales, dans un contexte de crise économique aiguë et à peine quelques mois après un cessez-le-feu négocié par les États-Unis, mettant fin à une guerre dévastatrice entre Israël et le Hezbollah.
Ce premier tour de scrutin, organisé par régions, a eu lieu dans les districts du Mont-Liban, notamment dans les banlieues sud de Beyrouth, gravement endommagées, où se trouvait le siège du Hezbollah. C’est également dans ces quartiers que plusieurs hauts responsables du mouvement chiite, dont son leader historique Hassan Nasrallah, ont péri sous les frappes israéliennes durant un conflit qui a duré quatorze mois et coûté la vie à plus de 4 000 personnes.
Bien que moins décisives que les élections législatives prévues pour 2026, ces municipales sont perçues comme un test politique. Elles pourraient mesurer l’impact de la guerre sur le soutien populaire aux partis et dirigeants, notamment dans le sud du pays, bastion traditionnel du Hezbollah et de son allié chiite, le mouvement Amal.
À Haret Hreik, les abords des bureaux de vote étaient parsemés de drapeaux verts et jaunes aux couleurs des deux partis, et des militants y guidaient les électeurs dans le processus de vote. Le scrutin s’est déroulé dans des écoles publiques situées à proximité d’immeubles toujours en ruine, vestiges des bombardements israéliens.
La reconstruction reste un enjeu central. Le gouvernement libanais, en grande difficulté financière, tente d’obtenir des fonds internationaux. La Banque mondiale évalue les besoins à plus de 11 milliards de dollars.
Initialement prévues depuis des années, les élections municipales avaient été reportées à trois reprises, en partie pour des raisons budgétaires.
Pour de nombreux électeurs, les priorités sont claires : reconstruire leurs maisons et relancer leur économie locale. « Notre conseil municipal porte une lourde responsabilité, surtout face à l’ampleur des destructions dans notre région », a déclaré Mohammad Awali, candidat à la municipalité de Haret Hreik.