Élections au Myanmar en pleine guerre civile - le chef de la junte minimise le rôle du président
Élections au Myanmar en pleine guerre civile - le chef de la junte minimise le rôle du président

Le Myanmar s’apprête à organiser des élections générales en trois phases à partir de dimanche, dans un pays toujours ravagé par la guerre civile déclenchée par le coup d’État militaire de 2021. À l’approche du scrutin, le chef de la junte, le général Min Aung Hlaing, a cherché à relativiser le rôle du futur président, insistant sur le fait que le pouvoir réel resterait concentré au sein des institutions contrôlées par l’armée.

Ces élections, les premières depuis la prise de pouvoir des militaires, sont présentées par la junte comme une étape vers un retour à l’ordre constitutionnel. Elles sont toutefois largement dénoncées par l’ONU, des organisations de défense des droits humains et plusieurs pays occidentaux, qui estiment que le vote ne peut être ni libre ni équitable dans un contexte de répression politique, d’exclusions massives de candidats et de violences persistantes.

Le scrutin se déroulera dans seulement une partie du pays. Les autorités ont déjà reconnu que le vote ne pourra pas avoir lieu dans de nombreuses zones, en particulier celles contrôlées par des groupes rebelles ou affectées par les combats entre l’armée et les forces de résistance. Près de quatre ans après le coup d’État qui a renversé le gouvernement civil dirigé par Aung San Suu Kyi, la situation sécuritaire reste extrêmement instable.

Le parti soutenu par l’armée, l’Union Solidarity and Development Party (USDP), est considéré comme favori. Les principaux partis d’opposition ont été dissous, empêchés de se présenter ou ont choisi de boycotter le scrutin, dénonçant un processus verrouillé d’avance. Pour de nombreux observateurs, les élections visent avant tout à donner une façade de légitimité politique à un pouvoir militaire toujours contesté.

Alors que la junte affirme vouloir avancer vers la stabilité, le pays demeure confronté à une crise humanitaire majeure, avec des millions de déplacés et une économie en ruine. Dans ce contexte, ces élections risquent surtout d’approfondir les divisions internes plutôt que de mettre fin au conflit qui ensanglante le Myanmar depuis 2021.

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