Élections à Singapour : le parti au pouvoir espère renforcer son emprise malgré une opposition en progression
Élections à Singapour : le parti au pouvoir espère renforcer son emprise malgré une opposition en progression

Les bureaux de vote ont fermé samedi soir à Singapour, marquant la fin d’une journée électorale décisive pour le Premier ministre Lawrence Wong, en poste depuis un an. Cette élection générale représente un premier test majeur pour celui qui a succédé à Lee Hsien Loong et dirige le Parti d’action populaire (PAP), au pouvoir sans interruption depuis 66 ans.

Bien que le PAP soit largement favori pour conserver la majorité parlementaire, le scrutin est scruté de près pour évaluer l’ampleur du soutien dont bénéficie Wong, dans un contexte de mécontentement croissant lié à la hausse du coût de la vie, à des inégalités persistantes et à des restrictions sur les libertés individuelles. Le Premier ministre, économiste formé aux États-Unis et également ministre des Finances, a appelé à un mandat fort pour faire face aux turbulences économiques, aggravées par les nouvelles hausses tarifaires imposées par le président américain Donald Trump.

Plus de 1 200 bureaux de vote ont été installés dans les écoles et les quartiers d’habitation. Le vote est obligatoire à Singapour, et près de 2,76 millions d’électeurs étaient appelés aux urnes. Cinq sièges sur les 97 du Parlement ont déjà été remportés par le PAP sans opposition. Le taux de participation atteignait 82 % trois heures avant la clôture du scrutin. Les premiers résultats sont attendus dans la nuit de samedi à dimanche, avec la publication préalable de comptages partiels pour limiter la propagation de rumeurs et fausses informations.

Lors du précédent scrutin en 2020, le PAP avait vu sa part de suffrages reculer à 61 %, l’un de ses plus bas niveaux historiques, malgré une majorité confortable de 83 sièges sur 93. L’opposition, menée par le Parti des travailleurs (Workers’ Party), avait alors réalisé une percée avec 10 sièges. Cette année, le WP présente des candidats dans seulement 26 circonscriptions, tandis que d’autres petits partis se partagent le reste, souvent pénalisés par un manque de ressources et un système électoral jugé favorable au parti au pouvoir.

La campagne de neuf jours a vu une forte mobilisation des jeunes, qui représentent environ un quart de l’électorat. Nombre d’entre eux se sont rassemblés lors des meetings de l’opposition, exprimant leur désir de diversité politique. Pour Lawrence Wong, une baisse du soutien ou une perte supplémentaire de sièges représenterait un revers à la fois personnel et stratégique, alors qu’il tente de moderniser le PAP et de séduire une nouvelle génération d’électeurs.

« Il ne faut pas descendre sous les 60 % de voix. C’est le seuil critique », estime la politologue Bridget Welsh. Un score supérieur renforcerait la légitimité de Wong et sa capacité à réformer le parti. En revanche, un résultat décevant pourrait fragiliser sa position en interne.

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