Les Chypriotes turcs ont commencé à voter dimanche pour élire leur prochain dirigeant dans un contexte de stagnation diplomatique, alors que les pourparlers en vue de la réunification de l’île restent suspendus.
Le président sortant, Ersin Tatar, partisan d’une solution à deux États et proche de la ligne politique d’Ankara, brigue un nouveau mandat. Il est opposé à Tufan Erhuman, figure de centre-gauche et fervent défenseur d’une reprise des négociations sous l’égide de l’ONU, dans l’espoir de parvenir à une solution fédérale avec les Chypriotes grecs.
Le scrutin est considéré comme un baromètre de l’état d’esprit politique dans le nord de l’île, qui s’est autoproclamée « République turque de Chypre du Nord » en 1983 mais n’est reconnue que par la Turquie. Depuis l’échec des derniers pourparlers en 2017 à Crans-Montana, les efforts internationaux de médiation ont piétiné.
L’issue de cette élection pourrait influencer la reprise ou l’enlisement du dialogue intercommunautaire sur cette île divisée depuis l’intervention militaire turque de 1974, déclenchée en réponse à un coup d’État pro-grec.
Les résultats définitifs sont attendus dans la soirée ou lundi matin, mais une éventuelle percée du camp favorable aux négociations pourrait raviver l’espoir d’une solution durable à ce conflit gelé au cœur de la Méditerranée orientale.