Deux dirigeants populaires ont annoncé une alliance en vue des élections législatives prévues en mars au Népal, un scrutin jugé crucial après les manifestations de la génération Z qui ont bousculé le paysage politique ces derniers mois. Cette union pourrait remettre en cause la domination des partis traditionnels, au pouvoir dans ce pays himalayen depuis plus de trente ans.
Au cœur de cette alliance figure Balendra Shah, plus connu sous le surnom de « Balen ». Ancien rappeur et compositeur devenu maire de Katmandou, l’élu de 35 ans a officiellement rejoint dimanche le Rastriya Swatantra Party (RSP), ou Parti national indépendant, selon des responsables du mouvement.
Le RSP est dirigé par Rabi Lamichhane, ancien animateur de télévision reconverti en homme politique, lui aussi très populaire auprès des jeunes électeurs. Ensemble, les deux hommes entendent proposer une alternative aux formations historiques qui ont structuré la vie politique népalaise depuis la fin de la monarchie.
Selon les responsables du parti, l’accord prévoit que Balendra Shah se présente comme candidat au poste de Premier ministre. Cette annonce intervient dans un climat de défiance envers les élites traditionnelles, alimenté par des manifestations menées par de jeunes militants dénonçant la corruption, le manque d’opportunités économiques et l’immobilisme politique.
Des analystes estiment que cette nouvelle alliance pourrait constituer un sérieux défi pour les partis établis lors des élections prévues le 5 mars. Toutefois, les formations historiques relativisent l’impact de cette union, affirmant que leur base électorale demeure solide malgré la montée de nouveaux acteurs.
La candidature d’un ancien rappeur devenu maire à la tête du gouvernement illustre le bouleversement en cours au Népal, où les réseaux sociaux, la mobilisation de la jeunesse et le rejet des figures traditionnelles redessinent les contours du débat politique. Le scrutin de mars dira si cette dynamique est suffisante pour transformer l’essai dans les urnes.