Doumbouya, en Guinée, aspire à achever son parcours de putschiste à président
Doumbouya, en Guinée, aspire à achever son parcours de putschiste à président

Quatre ans après avoir pris le pouvoir par un coup d’État, le dirigeant guinéen Mamady Doumbouya cherche désormais à faire valider son autorité par les urnes. Ancien commandant des forces spéciales, il s’est imposé depuis 2021 comme l’homme fort de la Guinée, et se présente aujourd’hui à l’élection présidentielle du 28 décembre, malgré son engagement initial à ne pas briguer le pouvoir à l’issue de la transition.

Depuis la chute de l’ancien président Alpha Condé, renversé après avoir tenté de s’accrocher à un troisième mandat controversé, Doumbouya a mis en avant une série de réformes économiques, notamment dans le secteur minier. Son gouvernement a restructuré la gouvernance des ressources naturelles et lancé un vaste projet d’exploitation de minerai de fer, présenté comme un levier stratégique pour le développement et l’attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers.

Ces résultats économiques, ainsi qu’une stabilité relative dans un contexte régional marqué par les coups d’État et les violences jihadistes, constituent les principaux arguments de sa campagne. Contrairement à plusieurs pays voisins du Sahel, la Guinée n’a pas sombré dans l’insécurité généralisée, un point souvent mis en avant par ses partisans pour justifier la continuité de son leadership.

Mais cette trajectoire vers une présidence formellement élue est vivement contestée. Des figures de l’opposition ont été écartées du processus électoral, tandis que des organisations de défense des droits humains et des médias dénoncent une répression accrue de la presse et une réduction de l’espace politique. Pour les critiques, le scrutin à venir risque surtout de consacrer la transformation d’un pouvoir issu d’un putsch en régime civil de façade.

À l’approche du vote, des scènes de mobilisation de ses soutiens se multiplient à Conakry, où les forces de sécurité encadrent étroitement les rassemblements. Si Mamady Doumbouya l’emporte, il parviendra à parachever son parcours, passant de chef de la junte militaire à président élu, consolidant durablement son emprise sur le pouvoir guinéen, au prix d’un débat toujours vif sur la réalité du retour à l’ordre démocratique.

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