Les États-Unis ont exigé que le Conseil électoral national du Honduras reprenne immédiatement le dépouillement des votes de l’élection présidentielle de novembre, actuellement paralysé par des manifestations et des accusations de fraude. Le département d’État américain a averti que toute entrave au processus électoral pourrait entraîner des conséquences, soulignant l’importance de respecter la volonté des électeurs honduriens.
Le recomptage manuel des bulletins est bloqué depuis plusieurs jours, alors que des partisans de différents camps politiques manifestent devant les institutions. Le Conseil électoral affirme que ces protestations l’empêchent de procéder au dépouillement de centaines de milliers de bulletins présentant, selon lui, des irrégularités techniques et exclus du comptage initial.
L’enjeu est majeur, car l’intégration de ces bulletins pourrait modifier l’issue du scrutin. Le conservateur Nasry Asfura ne devance actuellement son rival de centre droit Salvador Nasralla que d’environ 43 000 voix, sur plus de trois millions de suffrages exprimés. Cette avance étroite alimente les tensions politiques et les soupçons autour du processus électoral.
Dans une déclaration publiée sur le réseau social X, le Bureau des affaires de l’hémisphère occidental du département d’État américain a mis en garde contre toute tentative de perturber l’ordre public ou le travail de l’autorité électorale. Washington a insisté sur le fait que « la voix des 3,4 millions d’Honduriens doit être respectée et entendue ».
De son côté, le président du Conseil électoral a affirmé qu’il n’existait aucun fondement juridique pour un recomptage manuel intégral, une position contestée par plusieurs acteurs politiques. La présidente hondurienne Xiomara Castro a dénoncé ce qu’elle qualifie de « coup d’État électoral », tandis que ses partisans continuent de manifester pour soutenir sa position.
Cette crise plonge le Honduras dans une incertitude politique croissante, sous le regard attentif de la communauté internationale. La pression américaine vise à accélérer un processus jugé essentiel pour préserver la stabilité démocratique du pays et éviter une escalade des tensions dans une région déjà marquée par de fortes fragilités institutionnelles.