SÉOUL — L’ancien président sud-coréen Yoon Suk Yeol, destitué fin 2024 après avoir tenté de proclamer la loi martiale, a annoncé samedi sa démission du Parti du pouvoir du peuple (PPP), principale formation conservatrice du pays. Une décision qui intervient à moins de trois semaines d’une élection présidentielle anticipée où le camp conservateur peine à rassembler.
Dans un message publié sur Facebook, Yoon a déclaré quitter le parti « pour remplir [sa] responsabilité de protéger la République de Corée libre », tout en appelant ses partisans à soutenir le candidat du PPP, Kim Moon-soo. « Veuillez apporter votre soutien à Kim Moon-soo », a-t-il écrit, dans une tentative apparente de limiter les dégâts pour sa famille politique.
L’annonce de Yoon survient alors que les sondages placent Kim loin derrière son adversaire libéral, Lee Jae-myung, chef du Parti démocrate. Selon une enquête Gallup Corée publiée vendredi, Lee recueille 51 % des intentions de vote contre seulement 29 % pour Kim. Ce déséquilibre reflète l’impact persistant de la crise institutionnelle déclenchée par Yoon.
En décembre dernier, Yoon avait provoqué une onde de choc nationale en tentant d’instaurer la loi martiale sans l’approbation de l’Assemblée nationale, invoquant des menaces sécuritaires controversées. Cette initiative avait été jugée anticonstitutionnelle par la Cour constitutionnelle, menant à sa destitution et à la convocation d’un scrutin présidentiel anticipé fixé au 3 juin 2025.
Depuis, plusieurs figures du PPP avaient ouvertement appelé Yoon à se retirer de la vie politique, estimant que sa présence nuisait à l’image du parti et entravait les efforts pour séduire les électeurs centristes. Sa décision de quitter le parti pourrait donc être perçue comme un geste calculé pour permettre à Kim Moon-soo de regagner du terrain en détachant sa campagne de l’héritage controversé de Yoon.
Cependant, le passif de l’ancien président continue de peser lourd. Son procès pour « tentative de rébellion » est en cours à Séoul, une procédure judiciaire sans précédent dans l’histoire démocratique sud-coréenne.
L’élection à venir s’annonce cruciale pour un pays divisé, avec des enjeux majeurs en matière de politique économique, de sécurité régionale face à la Corée du Nord, et de réformes institutionnelles à la suite de cette période de forte instabilité.