Bayrou vers la chute : un vote de confiance qui scellera son sort ce lundi (Image : Service photographique de Matignon)
Bayrou vers la chute : un vote de confiance qui scellera son sort ce lundi (Image : Service photographique de Matignon)

Ce lundi 8 septembre à 15 heures, François Bayrou prononcera son discours de politique générale à l’Assemblée nationale. Mais chacun sait déjà que l’issue est écrite. En sollicitant la confiance des députés, le Premier ministre engage un pari qu’il est assuré de perdre : toute la gauche a confirmé qu’elle voterait contre, le Rassemblement national fera de même. Cette arithmétique suffit à condamner son gouvernement. Quelques ralliements individuels, à droite ou dans la majorité, ne changent rien : Bayrou tombera dès cet après-midi.

Le maire de Pau n’a pourtant pas ménagé ses efforts. Depuis son annonce du 25 août, il multiplie les gestes d’ouverture, jusqu’à remettre en cause deux jours fériés pour amadouer la gauche. Mais ses concessions n’ont produit aucun effet. Olivier Faure a verrouillé la ligne du Parti socialiste, tandis que Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen se réjouissent déjà de voir Matignon changer de mains. Seuls quelques poids lourds de la droite, comme Laurent Wauquiez ou Bruno Retailleau, se sont prononcés en faveur de la confiance, mais leur soutien reste minoritaire.

À l’Élysée, Emmanuel Macron prépare déjà l’après. Trois scénarios sont sur la table. Le premier, théorique mais improbable : Bayrou obtient un sursaut inespéré et se maintient. Le second, le plus plausible : il démissionne ce soir, ouvrant la voie à un nouveau casting à Matignon. Les noms de Gérald Darmanin, Sébastien Lecornu ou encore Éric Lombard circulent, tandis qu’une ouverture vers un Premier ministre socialiste n’est pas exclue. Enfin, l’hypothèse la plus redoutée demeure celle d’une nouvelle dissolution, que le président assure vouloir éviter mais que le RN réclame haut et fort.

La crise politique se double d’une tension sociale et économique. Le mouvement « Bloquons tout » prévoit d’investir la rue dès ce mardi 10 septembre, suivi d’une journée d’action syndicale le 18. Les marchés, eux, sanctionnent déjà l’instabilité : hausse des taux, CAC 40 en repli, confiance des investisseurs ébranlée. L’exécutif risque de passer en quelques jours d’un blocage parlementaire à une contestation de rue.

Signe d’un divorce profond entre le pays et ses dirigeants, un sondage YouGov révèle que 58 % des Français souhaitent la démission d’Emmanuel Macron si Bayrou tombe. Ils sont 60 % à espérer la chute du Premier ministre, une opinion partagée bien au-delà des électorats de gauche et du RN. Pis, l’idée d’un départ du président est jugée plus souhaitable qu’une nouvelle dissolution, comme si les Français ne croyaient plus dans les solutions institutionnelles classiques.

Cet après-midi, le Béarnais fera face aux députés pour défendre un plan d’économies de 43,8 milliards d’euros. Mais l’essentiel n’est plus là : son discours, quelle que soit sa qualité, ne suffira pas à inverser un rapport de forces figé. À 15 heures, l’Assemblée écoutera un Premier ministre condamné. À 17 heures, la France aura un gouvernement démissionnaire et un président fragilisé.

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