Au moins 34 candidats se sont inscrits pour participer à l’élection présidentielle péruvienne de 2026, a annoncé mercredi l’autorité électorale du pays. Il s’agit d’un record, dans un contexte marqué par une instabilité politique chronique et une méfiance persistante de la population envers ses dirigeants.
Le scrutin, prévu le 12 avril, se déroulera dans un pays où plusieurs anciens présidents ont été destitués, poursuivis en justice ou emprisonnés ces dernières années. Cette succession de crises a fragmenté le paysage politique et favorisé l’émergence d’un grand nombre de candidatures, souvent issues de partis faibles ou nouvellement créés.
Parmi les prétendants figure Keiko Fujimori, cheffe du parti Fuerza Popular, qui se présente pour la quatrième fois à la magistrature suprême. Fille de l’ancien président Alberto Fujimori, décédé cette année, elle demeure une figure clivante de la vie politique péruvienne, soutenue par un électorat fidèle mais rejetée par une large partie de l’opinion.
La liste des candidats illustre également la diversité — et la dispersion — de l’offre politique. Elle comprend notamment un humoriste et un ancien footballeur, reflet d’un système où la notoriété médiatique peut parfois primer sur l’expérience politique. Les analystes y voient le symptôme d’une défiance généralisée envers les partis traditionnels.
Selon des observateurs, la multiplication des candidatures pourrait compliquer l’émergence de projets politiques clairs et accroître la probabilité d’un second tour très disputé. Elle risque aussi de rendre plus difficile la formation d’un consensus durable après l’élection, dans un Congrès déjà fragmenté.
Les autorités électorales affirment pour leur part que le processus d’inscription s’est déroulé conformément aux règles en vigueur. Elles soulignent que la forte participation de candidats témoigne aussi d’un pluralisme politique, malgré les critiques sur l’efficacité du système.
À l’approche du scrutin, les principaux enjeux porteront sur la stabilité institutionnelle, la lutte contre la corruption et la relance économique. Dans un pays lassé par les crises à répétition, l’élection de 2026 s’annonce comme un test majeur pour la crédibilité de la démocratie péruvienne.