Le milliardaire tchèque et ancien Premier ministre Andrej Babis, dont le parti populiste ANO est sorti vainqueur des élections législatives des 3 et 4 octobre, a déclaré mardi que la formation d’un nouveau gouvernement nécessiterait encore plusieurs semaines de négociations.
Dans une vidéo publiée sur Facebook, Babis a indiqué que son parti se concentrait d’abord sur l’élaboration d’un programme politique commun avant d’aborder la répartition des postes ministériels, qui devrait débuter en novembre. « Nous nous concentrons sur la discussion du programme, qui prendra le plus de temps, et sur l’accord de coalition », a-t-il précisé.
Le parti ANO, arrivé en tête du scrutin, est actuellement en pourparlers avec les Motoristes, une formation eurosceptique de droite, ainsi qu’avec le parti d’extrême droite SPD, hostile à l’Union européenne et à l’OTAN. Ensemble, ces trois partis disposeraient d’une majorité de 108 sièges sur 200 à la chambre basse du Parlement.
Si un tel accord se concrétise, il marquerait un tournant politique pour la République tchèque, en mettant fin au gouvernement de centre-droit du Premier ministre sortant Petr Fiala. Toutefois, une coalition entre ANO et les partis nationalistes pourrait provoquer des tensions avec Bruxelles, notamment sur les questions d’État de droit et d’engagement européen.
Babis, qui a déjà dirigé le pays entre 2017 et 2021, cherche à revenir au pouvoir en s’appuyant sur un discours anti-élite et souverainiste, tout en promettant de défendre le pouvoir d’achat des Tchèques et de freiner l’inflation. Les négociations de coalition devraient durer jusqu’à la réunion inaugurale de la nouvelle assemblée prévue le 3 novembre.