Le président ivoirien Alassane Ouattara aborde la prochaine élection présidentielle, prévue le 25 octobre, avec la ferme intention de capitaliser sur la forte croissance économique du pays pour décrocher un quatrième mandat. À 83 ans, le chef de l’État mise sur son bilan de stabilité et de développement pour convaincre un électorat partagé entre continuité et renouvellement.
Depuis son arrivée au pouvoir en 2011, après une crise post-électorale meurtrière, Ouattara a supervisé une transformation économique remarquable. La Côte d’Ivoire affiche l’une des croissances les plus dynamiques d’Afrique, portée par les investissements étrangers, les grands chantiers d’infrastructures et la modernisation du secteur agricole. Cette prospérité relative a renforcé son image d’homme d’État pragmatique et gestionnaire.
Cependant, sa décision de briguer un quatrième mandat divise. Ses opposants dénoncent une dérive autoritaire et estiment qu’il outrepasse l’esprit de la Constitution, même si une réforme adoptée en 2016 lui a permis de redémarrer le compteur des mandats présidentiels. Les figures de l’opposition, comme Ahoua Don Mello et d’autres anciens alliés, accusent Ouattara de verrouiller le jeu politique et d’écarter toute alternance réelle.
Les partisans du président rétorquent que la stabilité économique et sécuritaire du pays justifie la continuité du pouvoir. Ils mettent en avant la modernisation d’Abidjan, l’amélioration des infrastructures routières et la montée en puissance du secteur énergétique comme preuves tangibles de son efficacité.
La trajectoire politique d’Alassane Ouattara a été jalonnée d’obstacles : deux disqualifications électorales dans les années 1990 et une guerre civile en 2010-2011, déclenchée par le refus de son prédécesseur Laurent Gbagbo de quitter le pouvoir. Ces épreuves ont façonné son image d’homme déterminé, prêt à surmonter les crises pour asseoir la stabilité du pays.
Alors que la campagne électorale bat son plein, la Côte d’Ivoire se trouve à la croisée des chemins : entre la poursuite d’un modèle économique fondé sur la croissance et la nécessité d’un renouveau politique attendu par une jeunesse nombreuse et impatiente.