Une charte nationale pour mieux répondre aux violences sexistes dans les transports
Une charte nationale pour mieux répondre aux violences sexistes dans les transports

Lundi 30 mars, Gare du Nord, Paris. Dans ce grand hall où tout le monde se croise sans se voir, Philippe Tabarot (Transports) et Aurore Bergé (Égalité femmes-hommes) réunissent collectivités, transporteurs et associations pour signer une charte commune contre les violences sexistes et sexuelles dans les transports. L’idée est simple sur le papier: arrêter les initiatives en ordre dispersé, mettre tout le monde sur la même partition, et afficher une méthode partagée.

Au coeur du texte, l’exécutif met en avant une approche centrée sur la prévention, la détection des situations à risque et une prise en charge plus efficace des victimes. L’ambition affichée est celle d’une réponse plus homogène sur l’ensemble des réseaux du quotidien, du métro aux tramways, des trains aux cars interurbains. Le ministère des Transports veut aussi mieux connaître le phénomène, mieux qualifier les faits et surtout mieux les compter, ce qui n’est jamais un détail quand il s’agit de sécurité publique.

Car les chiffres, eux, ne se contentent pas de slogans. En 2024, 3.374 victimes de violences sexuelles dans les transports en commun ont été enregistrées en France, soit 6% de plus qu’en 2023 et 86% de plus qu’en 2016, selon une étude publiée en mars par l’Observatoire de la Mission interministérielle pour la protection des femmes à partir de données police-gendarmerie. Les femmes représentent 91% des victimes, d’après le service statistique ministériel de la sécurité intérieure. Dans les rames bondées comme aux arrêts mal éclairés, le risque n’a rien d’abstrait.

Du métro aux cars, la promesse d’une réponse « concrète »

Du métro aux cars, la promesse d’une réponse « concrète » La charte prévoit de renforcer les outils de signalement, dont le numéro 3117 pour les agressions et situations de harcèlement sur le réseau francilien, et de rappeler des dispositifs déjà connus des usagers, comme la descente à la demande. Elle mise aussi sur le déploiement d’équipes de médiation et de sûreté, un effort de formation des personnels et une sensibilisation régulière du public via des messages d’information. Objectif martelé: que chaque signalement reçoive « une réponse concrète », pas une case cochée.

Autre angle de travail, plus terrain: identifier des zones d’insécurité. Le document cite les « marches exploratoires » menées localement, une manière de pointer les angles morts, les quais isolés, les correspondances anxiogènes, tout ce que les plans officiels oublient parfois. Là, le lecteur comprend vite l’enjeu: une politique de sécurité dans les transports se joue autant dans la présence humaine que dans l’aménagement, l’éclairage et la capacité à agir vite.

Côté signatures, l’Etat veut un front large: Groupement des autorités organisatrices de transport, Régions de France, Île-de-France Mobilités, Union des transports publics et ferroviaires, Fédération nationale des transports de voyageurs, Organisation des transporteurs routiers européens, avec des associations engagées contre les violences faites aux femmes. Reste l’épreuve du quotidien, celle des quais aux heures de pointe et des retours tardifs, quand la charte devra se traduire en réflexes, en effectifs, en réponses visibles, et pas seulement en belles phrases affichées au-dessus des sièges.

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