À l’heure où les étudiants reprennent le chemin des amphis, la question du logement vire au cauchemar. Selon le baromètre de rentrée de We Invest, les loyers ont encore grimpé cette année, au point de représenter 56 % des dépenses mensuelles étudiantes. Le studio moyen se négocie désormais à 559 euros, mais les disparités régionales explosent et les tensions atteignent des niveaux records.
Nanterre, symbole d’une flambée générale
Sans surprise, Paris reste au sommet du classement avec 915 euros pour un studio. Mais c’est Nanterre qui surprend: +20 % en un an, avec un loyer moyen de 816 euros, ce qui en fait la deuxième ville la plus chère de France. La proximité avec la capitale, le manque de résidences étudiantes et l’interdiction des passoires thermiques ont dopé les prix. Créteil (+6 %) et Rennes (+7 %) suivent la tendance, tandis que Lyon (+4 %) sature totalement, avec 14 demandes par logement, un record national. Même Caen dépasse désormais Paris en tension locative, avec près de 11 demandes par bien disponible. Dans ce contexte, certaines villes moyennes tirent leur épingle du jeu. Limoges, Le Mans, Poitiers ou Pau affichent des loyers entre 360 et 420 euros, loin de la flambée francilienne. Limoges, avec ses 17 000 étudiants, reste la ville la plus abordable, autour de 360 euros le studio.
Colocation en perte de vitesse
Autre paradoxe, la colocation perd du terrain. Seulement 5 % des étudiants l’envisagent, contre 8 % en 2024. La raison: son coût a parfois rattrapé, voire dépassé, celui d’un studio. À Caen, les loyers en colocation ont bondi de 7 à 9 % en un an, atteignant près de 500 euros par mois. À Rouen, une chambre en colocation tourne autour de 410 euros, à peine moins qu’un studio indépendant. Après le Covid, nombre d’étudiants privilégient d’ailleurs l’autonomie et l’intimité, quitte à rogner sur d’autres postes de dépenses. Face à une offre trop limitée, à une construction immobilière en berne et à des prestations sociales menacées de gel en 2026, la rentrée 2025 consacre une évidence: pour une génération entière, se loger devient le premier obstacle à la réussite universitaire.