La ministre de l’Éducation nationale a pris position dans une affaire qui divise. Élisabeth Borne a estimé, ce jeudi 5 juin sur RTL, que la professeure suspendue pour avoir organisé une minute de silence en hommage aux victimes de Gaza avait « enfreint le principe de neutralité qui s’applique à nos enseignants ». L’enseignante de physique-chimie du lycée Janot-Curie de Sens (Yonne) est suspendue à titre conservatoire pour quatre mois. Le rectorat de Dijon estime qu’elle a manqué à son devoir de neutralité. Selon cette version, elle serait à l’origine de cette minute de silence en classe, ce qui justifierait la procédure disciplinaire engagée.
Une initiative contestée, des syndicats mobilisés
Pour les syndicats, cette interprétation est inexacte : ils assurent que la minute de silence a été spontanée, proposée par des élèves et observée pendant la récréation, sans contrainte ni intervention de l’enseignante. Ils demandent l’abandon de toute sanction et la réintégration de la professeure. La ministre, tout en évitant de qualifier les faits de « faute », a rappelé que l’obligation de neutralité interdit aux enseignants toute prise de position politique. La procédure disciplinaire suit son cours. Les sanctions possibles vont du blâme à la mutation d’office. Les intentions du rectorat n’ont pas encore été rendues publiques.