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Lancement officiel ce lundi du nouveau service militaire volontaire en France. (AP)

Le gouvernement français inaugure ce lundi le nouveau service militaire volontaire, un dispositif national d’engagement destiné aux jeunes Français âgés de 18 à 25 ans qui souhaitent s’engager dans une formation militaire et professionnelle de dix mois, dont un mois de formation militaire initiale.

Les candidatures doivent s’ouvrir en janvier 2026, pour des incorporations prévues entre septembre et novembre 2026, coïncidant avec le calendrier de Parcoursup afin de permettre aux jeunes de combiner ou de réorienter leurs projets d’études.

Un engagement volontaire et strictement national

Ce service, sous statut militaire et fondé sur le volontariat, ne conduit pas les jeunes en opérations extérieures ou dans des zones de conflit ; leurs missions se dérouleront exclusivement sur le territoire national, en métropole et en outre‑mer.

La ministre des Armées Catherine Vautrin a expliqué : « Nous proposons à des jeunes qui ont envie de s’engager, qui ont une soif d’idéal, de faire bénéficier le pays de leur talent », soulignant que les volontaires « feront un mois de formation, puis neuf mois de service utile », avec missions exclusivement sur le territoire national. Cette déclaration s’inscrit dans la feuille de route du gouvernement visant à renforcer le lien entre jeunesse et défense.

Rémunération, avantages et conditions matérielles

Les volontaires du service militaire recevront une solde mensuelle d’au moins 800 euros brut, non imposable et hors primes éventuelles, pendant toute la durée de leur engagement. Les frais d’hébergement et d’alimentation seront pris en charge par l’État, et une carte SNCF « militaire » offrant 75% de réduction sur les lignes nationales sera également attribuée.

La solde et les avantages accordés s’inscrivent dans la volonté affichée de valoriser l’engagement des jeunes, tout en facilitant leur mobilité et leur intégration professionnelle ou citoyenne.

Une formation militaire initiale d’un mois

Le parcours du volontaire débute par une formation militaire initiale d’un mois, centrée sur des activités militaires de base, excluant les exercices de tir ou de combat, au cours desquelles les participants apprennent l’ordre serré, les marches, la vie en campagne ainsi que d’autres éléments fondamentaux de la vie collective militaire. Cette phase vise à « développer un savoir‑être », notamment l’assiduité, le respect des règles et l’esprit collectif.

Elle est suivie d’une formation complémentaire d’environ quatre mois, qui comprend des modules de remise à niveau scolaire, la rédaction de CV et de lettres de motivation, des techniques de recherche d’emploi, des cours de secourisme et de sécurité au travail, l’apprentissage du code de la route et la préparation au permis de conduire.

La dernière phase consiste en une formation professionnelle déterminée par le choix du volontaire parmi une soixantaine de filières proposées par les régiments et centres du Service militaire volontaire. Cette formation est réalisée dans des centres de formation d’apprentis de proximité et vise à favoriser l’insertion professionnelle.

Quels objectifs ?

Pour sa première année d’application, le gouvernement table sur 3 000 jeunes volontaires, avec un objectif de 10 000 par an d’ici 2030 et jusqu’à 50 000 à l’horizon 2035.

Ce nouveau service national répond à une stratégie de renforcement de la résilience et des capacités de mobilisation au niveau national, dans un contexte international jugé incertain, sans revenir à une obligation générale de conscription.

La réforme s’inscrit également dans la transformation du Service militaire volontaire, dispositif existant depuis 2015 pour accompagner l’insertion professionnelle des jeunes, jusqu’ici centré sur des formations mixtes militaire et professionnelle.

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