Être brutalement exclu, être « ghosté », miroir cruel d’une société hyperconnectée mais déshumanisée
Être brutalement exclu, être « ghosté », miroir cruel d’une société hyperconnectée mais déshumanisée

AMSTERDAM — Une étude commandée par le gouvernement néerlandais révèle que l’interdiction des téléphones portables et autres appareils électroniques dans les écoles secondaires a permis d’améliorer significativement la concentration des élèves en classe. Le rapport, publié vendredi, vient renforcer les arguments en faveur de politiques éducatives limitant l’usage des technologies numériques pendant les heures de cours.

L’enquête, menée auprès de 317 établissements d’enseignement secondaire aux Pays-Bas, montre que près de trois quarts des écoles ayant mis en œuvre cette interdiction ont observé une amélioration sensible de l’attention des élèves. Plusieurs établissements ont également signalé une diminution des distractions, un climat de classe plus calme, et une meilleure interaction entre les élèves eux-mêmes, ainsi qu’avec leurs enseignants.

Cette mesure, entrée en vigueur en janvier 2024 dans de nombreux établissements, s’inscrit dans une stratégie nationale visant à limiter les effets négatifs des écrans sur les capacités d’apprentissage. Le gouvernement néerlandais avait alors recommandé que les téléphones soient rangés dans des casiers ou laissés à la maison, à moins d’un usage pédagogique ou médical justifié.

« Nous voulions des données pour évaluer si cette politique produisait réellement les effets escomptés. Aujourd’hui, nous avons la preuve que cela fonctionne », a déclaré un porte-parole du ministère néerlandais de l’Éducation. L’étude recommande d’étendre la mesure à l’ensemble du pays et d’envisager des directives similaires pour les écoles primaires.

La question de l’usage du smartphone à l’école fait débat dans de nombreux pays européens, où les effets des écrans sur la santé mentale, la concentration et les résultats scolaires suscitent une attention croissante. En France, les téléphones sont interdits à l’école primaire et au collège depuis 2018, tandis que d’autres pays examinent des approches similaires.

Aux Pays-Bas, le soutien des enseignants et des parents semble avoir joué un rôle clé dans l’acceptation de la mesure. « Il y a eu des réticences au départ, notamment chez certains élèves, mais les bénéfices ont vite été perçus », a déclaré un directeur de lycée cité dans le rapport. Il évoque une « atmosphère d’apprentissage plus sereine » et des élèves « plus engagés dans les cours ».

Le gouvernement devrait publier dans les prochains mois une feuille de route pour renforcer le cadre réglementaire autour de l’usage des technologies en milieu scolaire. Les résultats de cette étude pourraient aussi nourrir la réflexion à l’échelle européenne sur le rôle des outils numériques dans les établissements d’enseignement.

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