Handicap : 18 mesures pour en finir avec la galère administrative
Handicap : 18 mesures pour en finir avec la galère administrative

Réduire les délais, simplifier les démarches et éviter les renouvellements absurdes : voilà la promesse affichée par la ministre chargée des Personnes handicapées, Charlotte Parmentier Lecocq, qui a dévoilé ce mercredi une série de 18 mesures censées fluidifier l’accès aux droits. Derrière cette initiative, une volonté de mettre un terme à l’impasse bureaucratique dans laquelle se retrouvent chaque année des millions de Français en situation de handicap. Les maisons départementales des personnes handicapées (MDPH), souvent pointées du doigt pour leurs lenteurs, sont directement ciblées. Avec près de cinq millions de dossiers à gérer chaque année, les délais moyens pour obtenir l’Allocation adulte handicapé (AAH) atteignaient encore cinq mois fin 2024. Pour désengorger ces structures, le gouvernement entend revoir l’ensemble du système, en supprimant notamment des demandes jugées inutiles ou redondantes.

Des droits pérennes et une scolarité moins kafkaïenne

L’un des leviers les plus concrets concerne les enfants scolarisés : à partir d’avril 2026, les droits et aides à la compensation seront attribués pour toute une période scolaire complète – maternelle, primaire, collège ou lycée – sans besoin de relancer la machine administrative tous les deux ans. Mieux encore, une partie du matériel pédagogique pourra être directement allouée par les équipes éducatives, à mesure que les Pôles d’appui à la scolarité (PAS), testés depuis 2024, se généraliseront d’ici 2027. Autre changement majeur : la fin des évaluations à répétition pour des handicaps reconnus comme irréversibles. Malgré la loi, certaines MDPH continuaient de réclamer des réexamens annuels. Désormais, les droits devront être actés une bonne fois pour toutes, notamment l’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé, versée jusqu’à 20 ans en cas de handicap non évolutif.

Des renforts et de l’intelligence artificielle pour accélérer

Le plan prévoit également une présence humaine renforcée : chaque primo-demandeur pourra bénéficier d’un rendez-vous en présentiel pour comprendre ses droits et remplir son dossier. Une mesure à la fois sociale et pragmatique, qui impliquera le recrutement de personnel supplémentaire pour un budget de 26 millions d’euros. Pour fluidifier le reste, le ministère envisage aussi de tester le recours à l’intelligence artificielle, notamment pour le pré-tri des dossiers, sans encore en détailler les modalités. Enfin, les MDPH seront partiellement déchargées d’un quart de leurs tâches actuelles : elles ne traiteront plus les demandes de cartes d’invalidité des personnes âgées de plus de 60 ans, celles-ci basculant dans un autre circuit administratif. Le gouvernement promet donc un chantier de simplification ambitieux, censé alléger un système saturé et parfois brutal. Reste à voir si les moyens suivront, et si la réalité de terrain tiendra ses promesses face à des usagers souvent à bout de patience.

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