Face à un sujet jugé interminable et hors programme, des milliers de candidats au baccalauréat 2025 réclament des comptes. Une pétition lancée dès le 17 juin a recueilli en deux jours près de 12 000 signatures, appelant le ministère de l’Éducation nationale à revoir la notation de l’épreuve de physique-chimie. L’objet du scandale : un troisième exercice particulièrement complexe, fondé sur la chute d’une bille dans un viscosimètre, qui a mis à rude épreuve même les élèves les plus assidus. Ce que dénoncent élèves et professeurs, c’est moins l’exigence du sujet que son décalage manifeste avec les contenus étudiés en cours. Selon les signataires, l’épreuve aurait viré à l’exercice de style pour étudiants en mathématiques avancées, bien loin du profil attendu d’un lycéen de terminale scientifique. « C’est un sujet très mathématique, très calculatoire. Il s’adresse d’abord à des élèves de spécialité maths », estime une enseignante interrogée par le Café pédagogique.
Une pétition pour sauver des points (et l’équité)
Dans le texte accompagnant la pétition, les lycéens expriment leur « incompréhension et leur déception » face à ce qu’ils considèrent comme un dérapage de l’institution. Leurs revendications : la réévaluation des critères de correction, une déclaration officielle du ministère, davantage de transparence sur la confection des sujets et, surtout, des mesures immédiates pour rétablir l’équité entre candidats. Les enseignants, eux aussi, montent au créneau. Plusieurs dénoncent une rupture entre les sujets proposés tout au long de l’année et cette épreuve finale, qualifiée de « largement au-dessus du niveau attendu ». Le ministère, pour l’heure, ne s’est pas exprimé. Mais en pleine réforme du lycée et sous la pression croissante des réseaux sociaux, l’institution pourrait être contrainte de revoir sa copie.