Un pas décisif vers plus d’égalité d’accès. La Sécurité routière a présenté ce mardi 3 juin une nouvelle version de l’examen du code de la route destinée aux personnes sourdes ou malentendantes. D’ici quelques semaines, plus de 1 000 questions seront accompagnées de vidéos traduites en langue des signes française (LSF), afin de rendre l’épreuve plus accessible et moins coûteuse. Jusqu’à présent, les candidats devaient obligatoirement faire appel à un interprète, une démarche lourde sur le plan administratif et onéreuse sur le plan financier. « On doit faire une demande à la préfecture, attendre environ un mois, et l’interprète coûte autour de 300 euros pour deux heures », explique Caroline Beaudry, responsable d’une auto-école spécialisée dans l’Essonne.
Une mesure qui change la donne
Cette nouvelle version permettra aux candidats sourds d’éviter les délais et les frais supplémentaires. Elle pourrait aussi encourager davantage d’auto-écoles à accueillir ce public, même sans personnel maîtrisant la LSF. Selon Caroline Beaudry, certains de ses élèves viennent de très loin, faute d’offre adaptée près de chez eux : « J’ai des élèves qui viennent de La Rochelle, de Lyon… Cette réforme leur apportera une accessibilité bien meilleure. » L’examen en LSF pourra être passé dans les bureaux d’éducation routière de chaque département. Pour de nombreux candidats, il s’agit bien plus que d’un simple permis : c’est une question de liberté et de mobilité retrouvée.