Chine : vers une éducation préscolaire gratuite pour stimuler la natalité
Chine : vers une éducation préscolaire gratuite pour stimuler la natalité

PÉKIN — La Chine a annoncé mardi qu’elle supprimera les frais de scolarité pour les enfants en dernière année de maternelle dans les établissements publics et qu’elle réduira ces frais dans les écoles privées éligibles, dès le prochain trimestre scolaire. Cette mesure s’inscrit dans un plan plus large visant à rendre l’éducation préscolaire progressivement gratuite à l’échelle nationale.

Cette initiative intervient dans un contexte de déclin démographique préoccupant. Le gouvernement cherche à encourager les naissances alors que de plus en plus de jeunes couples chinois hésitent à fonder une famille, invoquant notamment le coût élevé de l’éducation et de la garde d’enfants. La semaine dernière déjà, Pékin avait dévoilé une nouvelle subvention dédiée à la garde des enfants âgés de moins de trois ans.

Selon les directives publiées par le Conseil d’État, les autorités locales devront assurer des subventions publiques pour compenser les pertes financières des établissements préscolaires liées à la suppression ou à la réduction des frais de scolarité. Le gouvernement central a également insisté sur la nécessité de garantir un fonctionnement normal des jardins d’enfants, en prévenant notamment les retards de paiement des salaires.

Pour cela, les rémunérations des enseignants des maternelles publiques seront désormais intégrées aux garanties fiscales, une décision qui vise à assurer un versement régulier et complet des salaires. Cette mesure pourrait également contribuer à stabiliser le personnel éducatif, souvent confronté à des conditions de travail précaires et à une reconnaissance sociale insuffisante.

L’éducation préscolaire, longtemps considérée comme un service complémentaire plutôt qu’un pilier du système éducatif chinois, est en train d’être repensée comme un levier stratégique face aux enjeux démographiques et sociaux. En rendant cette étape plus accessible financièrement, Pékin espère non seulement alléger la pression sur les familles, mais aussi améliorer l’égalité des chances dès le plus jeune âge.

Alors que la Chine voit son taux de natalité chuter à des niveaux historiquement bas malgré la fin de la politique de l’enfant unique, ces mesures illustrent un virage vers une politique plus favorable à la parentalité. Il reste toutefois à voir si ces incitations suffiront à inverser la tendance, tant les obstacles culturels, économiques et professionnels à la maternité restent nombreux pour les jeunes générations chinoises.

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