Australie : un rapport choc sur l’antisémitisme préconise des coupes budgétaires pour les universités et des expulsions ciblées
Australie : un rapport choc sur l’antisémitisme préconise des coupes budgétaires pour les universités et des expulsions ciblées

Face à une montée inquiétante de l’antisémitisme en Australie depuis le déclenchement de la guerre entre Israël et le Hamas en 2023, un rapport gouvernemental propose une série de mesures radicales, dont des réductions de financement pour les universités jugées passives face aux discriminations, ainsi que des contrôles renforcés sur les demandeurs de visa et les non-citoyens exprimant des opinions extrémistes.

Le rapport, dévoilé ce jeudi à Sydney par l’envoyée spéciale australienne sur l’antisémitisme, Jillian Segal, dresse un état des lieux alarmant. Il recense une recrudescence de violences et d’intimidations visant la communauté juive, incluant des voitures incendiées, des synagogues attaquées et des agressions physiques. « C’est totalement inacceptable », a martelé Segal lors d’une conférence de presse, soulignant l’urgence d’un plan d’action « global ».

Ce plan ambitieux entend agir sur plusieurs fronts : le système éducatif, les services publics, les médias, les plateformes numériques et la politique migratoire. L’une des propositions phares concerne les universités australiennes : celles qui ne parviennent pas à protéger efficacement les étudiants juifs contre les actes antisémites pourraient voir leur financement public réduit. Une telle mesure vise à inciter les établissements à renforcer leur vigilance et leur réactivité.

Autre point sensible : la question migratoire. Le rapport recommande de soumettre les demandeurs de visa et les non-citoyens à des vérifications plus strictes visant à détecter des affiliations idéologiques extrémistes, notamment en lien avec des discours antisémites. Si de telles opinions sont identifiées, des mesures d’expulsion ou de refus d’entrée pourraient être envisagées.

Le Premier ministre Anthony Albanese a salué ce travail et indiqué que son gouvernement étudiera attentivement les recommandations. « Certaines de ces propositions peuvent être mises en œuvre immédiatement », a-t-il déclaré, tout en précisant que d’autres nécessiteront un travail législatif et une concertation avec la société civile. « C’est un sujet sur lequel nous devons agir ensemble », a-t-il insisté.

Segal, nommée à ce poste en juillet 2024, a remis son rapport dans un climat tendu, quelques jours seulement après un incendie criminel visant une synagogue à Melbourne. L’enquête sur cet incident est toujours en cours, mais il a ravivé les inquiétudes d’une communauté juive australienne profondément affectée par l’importation des tensions du Proche-Orient.

Ce rapport, bien que salué par plusieurs organisations juives, risque aussi de susciter des débats vifs dans les milieux universitaires et au sein des défenseurs des libertés civiles, notamment sur l’équilibre entre sécurité, liberté d’expression et gestion de la diversité dans une société multiculturelle. Pour ses auteurs, toutefois, le message est clair : « L’antisémitisme ne doit pas avoir sa place en Australie, ni dans nos rues, ni dans nos institutions. »

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