Julien Garin ne s’en doutait peut-être pas en entrant en sixième, mais un an plus tard, il fait la fierté de son collège et de toute une ville. Élève de cinquième à l’Institution Sainte-Jeanne-d’Arc de Melun, en Seine-et-Marne, le jeune garçon a décroché la première place nationale ex æquo au concours Kangourou des mathématiques. Un exploit remarquable : il a devancé ou égalé près de 44 000 collégiens de son niveau sur tout le territoire. Avec un brin de timidité, Julien confie qu’il s’était beaucoup entraîné pour faire mieux que l’année précédente, où il avait terminé à la 17e place. « Je me suis préparé les week-ends, avec les annales », raconte-t-il. Il ne laissait rien au hasard, révisant les pièges classiques du concours, multipliant les exercices et corrigeant ses erreurs avec l’aide de ses parents ou de ses professeurs. « Mon objectif, c’était le Top 10. Je ne pensais pas finir premier… », ajoute-t-il.
Et pourtant, il a répondu juste à toutes les questions du test
Cinquante minutes de concentration intense, vingt-quatre questions, deux subsidiaires, des pièges à éviter – et la pression de savoir que chaque mauvaise réponse retire un quart de point. « Il faut toujours faire des brouillons », insiste-t-il, comme s’il partageait un secret de fabrication. À Sainte-Jeanne-d’Arc, la réussite de Julien n’est pas un hasard. Depuis plusieurs années, l’établissement mise sur une pédagogie active pour redonner goût aux mathématiques. La participation au concours Kangourou est systématique pour tous les élèves. La semaine des mathématiques, organisée en mars, est devenue un temps fort de la vie scolaire. « Notre objectif est de montrer que les maths ne sont pas qu’un empilement de formules abstraites », explique Sophie Revel, enseignante de la discipline. « Elles peuvent être ludiques, créatives, surprenantes. » Concours de dessins autour du nombre π, photographie d’objets mathématiques dans le quotidien, défis logiques… Tout est bon pour éveiller la curiosité.
Des vocations qui naissent… même chez les moins confiants
Ce changement de regard profite même à ceux qui, jusque-là, se croyaient « nuls en maths ». Certains élèves peu à l’aise avec les calculs brillent désormais grâce à leur sens artistique ou leur esprit d’observation. « L’idée, c’est de décloisonner les mathématiques. De montrer qu’elles sont présentes dans l’art, dans la nature, dans l’architecture », souligne l’enseignante. Julien, lui, rêve désormais de continuer à explorer cet univers. Il aime le calcul mental, les énigmes, les raisonnements rigoureux. Et son regard s’éclaire quand on lui demande ce que les maths représentent pour lui : « C’est comme un jeu. Il faut chercher, essayer, comprendre. Et quand on trouve, c’est génial. »