The Economist La guerre commerciale de Donald Trump entraîne-t-elle une récession mondiale
The Economist La guerre commerciale de Donald Trump entraîne-t-elle une récession mondiale

Le journal The Economist a indiqué que la guerre commerciale lancée par le président américain Donald Trump, en imposant un ensemble sans précédent de droits de douane, a surpris les marchés par son ampleur et son intensité, créant une atmosphère inquiétante qui a conduit les investisseurs à prévoir un ralentissement économique marqué.

En effet, l’indice Russell 3000, l’un des indices boursiers les plus larges des États-Unis, a chuté de 5% après la décision de Trump, puis a baissé de 6% lorsque la Chine a annoncé qu’elle répondrait en imposant des droits de douane de 34% sur tous les produits américains.

De plus, l’or a baissé ces derniers jours, et le dollar s’est replié, à l’inverse de ce qui se passe habituellement en période de crise, selon le journal. Les prix du pétrole ont aussi chuté, passant de 75 à 66 dollars le baril de Brent, tout comme le cuivre, et les actions des banques ont baissé dans plusieurs pays. L’indice de volatilité (VIX) a augmenté, et les analystes des banques ont révisé à la hausse leurs prévisions de probabilité d’une récession mondiale cette année.

Le journal a également jeté un regard sur d’autres mesures plus précises des attentes des investisseurs concernant la croissance mondiale, en particulier en comparant les actions « défensives », qui incluent des entreprises de biens de consommation essentiels et des services publics, moins sensibles aux cycles économiques, aux actions « cyclicités », telles que les entreprises aériennes et automobiles qui dépendent largement de l’optimisme.

Selon le journal, la performance des actions cycliques mondiales est inférieure de 8% à celle des actions défensives mondiales, la plus grande différence depuis le début des confinements dus au COVID-19 en 2020. Il a conclu que ces mouvements de prix correspondent à une récession mondiale modérée.

La bonne nouvelle

Les mouvements de prix sur les marchés américains sont les plus prononcés, mais pas de manière significative, car les ventes défensives des actions cycliques dans les marchés émergents et au Japon sont moins sévères qu’aux États-Unis. Cependant, les ventes en Europe sont presque aussi mauvaises.

Les investisseurs ont abaissé leurs prévisions de bénéfices des entreprises américaines cette année de 1,5%, une baisse similaire à celle des bénéfices en Europe. Cela est conforme, selon le journal, aux preuves académiques publiées avant la prise de fonction de Trump, qui concluaient que les droits de douane américains causeraient un mal économique similaire, voire plus important, en dehors des États-Unis qu’à l’intérieur du pays.

La bonne nouvelle, selon The Economist, est que l’économie mondiale fait face à l’attaque tarifaire de Trump depuis une position relativement forte, après que l’indice composite de la croissance mondiale ait augmenté en mars. L’ « indice de l’activité actuelle », publié par Goldman Sachs, qui inclut un ensemble d’indicateurs à haute fréquence, montre que la croissance mondiale est légèrement en dessous de son potentiel, et que le taux de chômage reste inférieur à 5% dans l’ensemble de l’OCDE, qui regroupe des pays riches.

En effet, le point de départ des États-Unis était plus solide, avec des statistiques montrant que l’économie a ajouté 228 000 emplois le mois dernier, bien au-delà des prévisions. Ainsi, même si Trump a commis l’une des erreurs politiques les plus graves de tous les temps, il semble avoir eu de la chance en héritant d’une économie forte. Mais combien de douleur cette économie pourra-t-elle supporter ?

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