Les opérations de fusions-acquisitions ont atteint un niveau inédit au premier semestre 2026, portées par une multiplication des transactions de très grande ampleur. Selon les données de LSEG, la valeur totale des accords annoncés s’est élevée à 2 800 milliards de dollars, en hausse de 48 % par rapport à la même période de l’année précédente. Il s’agit du montant le plus élevé jamais enregistré depuis le début des relevés en 1980.
Cette progression spectaculaire s’explique principalement par l’explosion des « méga-opérations », c’est-à-dire les acquisitions ou fusions dépassant 10 milliards de dollars. Au total, 47 transactions de cette catégorie ont été annoncées au cours des six premiers mois de l’année, représentant plus de 1 300 milliards de dollars, soit près de la moitié de la valeur mondiale des opérations. Ce niveau constitue un record absolu pour ce type de transactions.
Parmi les opérations les plus importantes figurent la fusion entre NextEra Energy et Dominion Energy, évaluée à 66,8 milliards de dollars, ainsi que le rachat de Cursor par SpaceX pour environ 60 milliards de dollars. Plusieurs entreprises ont profité d’un environnement réglementaire jugé plus favorable pour concrétiser des acquisitions stratégiques de grande envergure, longtemps considérées comme difficiles à réaliser.
Si la valeur des transactions a fortement progressé, leur nombre a en revanche reculé. Depuis le début de l’année, environ 24 000 opérations de fusions-acquisitions ont été annoncées dans le monde, soit une baisse de 9 % sur un an. Ce volume représente le niveau le plus faible observé depuis six ans, illustrant une concentration des investissements sur un nombre plus restreint de très grosses opérations.
Les entreprises technologiques ont dominé le marché des fusions-acquisitions, avec 649 milliards de dollars d’accords annoncés au premier semestre. Cette dynamique reflète l’intérêt persistant des groupes pour les actifs liés aux nouvelles technologies et à l’innovation, dans un contexte de transformation rapide des marchés.
Pour Jay Hofmann, co-responsable des fusions-acquisitions pour l’Amérique du Nord chez JPMorgan, les entreprises ont fait preuve d’une « résilience extraordinaire » malgré les incertitudes géopolitiques, monétaires et macroéconomiques. Selon lui, la disponibilité des financements permet aux sociétés de saisir les opportunités nécessaires pour renforcer leur position et préparer leur développement à long terme.
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