Le groupe BPCE n’avait encore jamais atteint de tels sommets. En 2025, la maison mère des réseaux Banque Populaire et Caisse d’Épargne affiche un bénéfice net record de 4,1 milliards d’euros, en hausse de 15 % sur un an. Une performance portée par l’ensemble de ses métiers, dans un contexte pourtant marqué par des dossiers stratégiques sensibles, entre acquisitions à l’étranger et alliances avortées.
L’exercice écoulé confirme la solidité du modèle du groupe mutualiste créé en 2009. Le produit net bancaire, équivalent du chiffre d’affaires pour le secteur, progresse de 10 % pour atteindre 25,7 milliards d’euros. La dynamique s’est même accélérée en fin d’année, avec un quatrième trimestre particulièrement porteur, au cours duquel le bénéfice net a bondi de 21 %, à 1,1 milliard d’euros.
Banque de proximité, assurance et crédits en forte accélération
Le cœur historique du groupe, la banque de proximité et l’assurance, tire largement la croissance. Ce pôle enregistre un produit net bancaire de 17,5 milliards d’euros, en hausse de 14 % sur un an. La progression est alimentée par une forte activité commerciale, tant sur le crédit que sur la collecte d’épargne, notamment en assurance-vie.
La production de crédits aux ménages et aux entreprises atteint 102 milliards d’euros sur l’année, soit une augmentation de 20 %. Résultat direct, le bénéfice avant impôt de cette division grimpe de 30 %, à près de 5 milliards d’euros. Dans le même temps, le groupe parvient à contenir ses coûts. Le coefficient d’exploitation recule de près de quatre points pour s’établir à 65,6 %, traduisant une amélioration nette de la rentabilité.
Cette performance ne fait toutefois pas disparaître les enjeux fiscaux. La surtaxe sur les grandes entreprises a pesé à hauteur de 180 millions d’euros en 2025, un montant appelé à augmenter en 2026. Une évolution sur laquelle la direction s’interroge ouvertement, tout en revendiquant son ancrage en France.
Natixis, international et ambitions maintenues malgré les revers
Les activités dites “globales”, regroupées autour de Natixis, poursuivent elles aussi leur progression. La division Global Financial Services affiche un produit net bancaire de 8,36 milliards d’euros, en hausse de 5 %, et un bénéfice avant impôts de 2,21 milliards d’euros, en augmentation de 8 %. BPCE mise notamment sur le développement international de Natixis CIB, qui vient d’obtenir une licence bancaire au Japon, renforçant ainsi sa présence en Asie.
L’échec du rapprochement entre Natixis Investment Managers et Generali, abandonné fin 2025, n’a pas freiné les ambitions du groupe dans la gestion d’actifs. BPCE poursuit sa stratégie de développement, notamment aux États-Unis, où Natixis IM bénéficie désormais d’un accord de distribution avec Edward Jones, l’un des principaux réseaux de conseil financier du pays.
Novobanco et l’Europe comme nouveaux relais
L’année 2025 a également été marquée par l’acquisition de la banque portugaise Novobanco. Son intégration opérationnelle est prévue au deuxième trimestre 2026. BPCE entend y déployer progressivement ses expertises, notamment en financement des entreprises, en crédit-bail et en affacturage.
En parallèle, le groupe renforce sa présence européenne dans le financement d’équipements via BPCE Equipment Solutions, entité issue de la reprise de la SGEF à la Société Générale. Autant de leviers qui traduisent une stratégie claire : consolider la base domestique tout en accélérant à l’international, avec l’objectif assumé de prolonger, au-delà de 2025, une trajectoire de croissance désormais historique.