C’est la fin d’une ère pour le Forum économique mondial. Klaus Schwab, son fondateur emblématique, a annoncé ce lundi 21 avril sa démission « avec effet immédiat » de ses fonctions de président et de membre du conseil d’administration. À 86 ans, le créateur du rendez-vous annuel des élites à Davos laisse derrière lui une organisation aussi influente que contestée. C’est Peter Brabeck-Letmathe, ancien patron de Nestlé, qui assure l’intérim.
Un bilan prestigieux mais entaché de polémiques
Depuis la fondation du Forum en 1971, Schwab a transformé un modeste séminaire universitaire en une tribune planétaire, réunissant chefs d’État, grands patrons, intellectuels et célébrités. Sous sa direction, Davos est devenu le symbole d’une mondialisation néolibérale dont les critiques dénoncent aujourd’hui les dérives : collusion entre puissances économiques et politiques, influence hors de tout contrôle démocratique, et entre-soi d’une élite déconnectée des réalités populaires.
Le concept de « l’homme de Davos », représentant d’une caste mondialisée sans attache nationale, est né de cette méfiance. Klaus Schwab lui-même a cristallisé les suspicions, notamment avec son livre « The Great Reset » publié en 2020, qui a alimenté les théories du complot autour d’un prétendu projet globaliste. Elon Musk, entre autres, l’a accusé de vouloir « devenir l’empereur de la Terre ».
Si ses partisans saluent un homme de vision ayant créé une plateforme unique pour le dialogue et la coopération internationale, ses détracteurs dénoncent un théâtre d’influence masqué sous des discours philanthropiques. Aujourd’hui, alors que les tensions géopolitiques, la fracture sociale et la montée des populismes sapent les fondations du multilatéralisme, l’avenir du Forum sans son fondateur reste incertain. Le WEF devra prouver qu’il peut survivre à son créateur sans sombrer dans l’obsolescence ou le rejet populaire.