L’UFC-Que Choisir monte une nouvelle fois au créneau contre les frais bancaires injustifiés. Dans un communiqué publié ce mardi 8 avril, l’association de consommateurs alerte sur la généralisation des « minima forfaitaires », des frais fixes prélevés par les banques dès qu’un compte passe brièvement dans le rouge, même pour un montant inférieur à 400 euros. Une pratique qualifiée « d’immorale » et « sans justification économique », qui toucherait selon l’association près d’un Français sur deux, au moins une fois par an.
Jusqu’à 12,50 euros de frais pour 1 euro de découvert
Contrairement aux agios proportionnels habituellement appliqués, ces minima forfaitaires imposent des frais fixes, allant jusqu’à 12,50 euros dans certaines banques comme la Banque Populaire du Sud. Exemple cité par l’UFC : un découvert d’un euro sur une semaine, qui coûterait en réalité 10 euros au client du CCF, soit un taux effectif annuel de 52 140 %, 2300 fois supérieur au taux d’usure autorisé. Pour l’association, cette logique revient à punir les usagers les plus précaires, en transformant une aide de trésorerie temporaire en spirale d’endettement.
L’opacité dénoncée par l’UFC aggrave le problème. Les banques n’informent pas clairement leurs clients de ces frais, qui sont souvent appliqués de façon trimestrielle, sans avertissement. Les brochures tarifaires, parfois longues de plus de 60 pages, rendent les comparaisons entre établissements pratiquement impossibles. Dans certains cas, à ces frais fixes peuvent s’ajouter des commissions d’intervention, frais de rejet ou lettres d’information, portant la facture à plusieurs dizaines d’euros pour un incident mineur.
Face à cette dérive, l’UFC-Que Choisir appelle les pouvoirs publics à agir. Elle exige l’interdiction pure et simple des minima forfaitaires ou, à défaut, un encadrement strict de leur montant et de leurs conditions d’application. Elle demande également que l’ensemble des frais liés aux découverts soit intégré au calcul du TAEG, pour une meilleure transparence, et propose des grilles tarifaires simplifiées et compréhensibles par tous.
« Quand un découvert de 1 € génère 10 € de frais, ce n’est pas de la gestion bancaire, c’est une rente immorale », fustige la présidente de l’UFC, Marie-Amandine Stévenin. Un cri d’alerte destiné à faire pression sur le législateur alors que l’inflation fragilise déjà de nombreux foyers.