Déficit de l’État en 2025 - -20 % grâce aux recettes fiscales, les dépenses stagnent
Déficit de l’État en 2025 - -20 % grâce aux recettes fiscales, les dépenses stagnent

Bonne surprise dans les comptes publics français : le déficit de l’État a chuté de 20 % en 2025 par rapport à 2024, passant de 156,3 milliards à 124,7 milliards d’euros, selon les chiffres publiés par Bercy ce mardi 3 février 2026. Une réduction de 31,6 milliards qui dépasse les dernières prévisions et constitue la plus forte baisse annuelle depuis 2020. La clé de ce rebond ? Des recettes fiscales meilleures que prévu. Les dépenses, elles, n’ont quasiment pas bougé, preuve que la rigueur budgétaire reste un exercice à sens unique.

Pour 100 euros qui entrent dans les caisses de l’État, 131 euros en sortent en 2025. Le trou reste abyssal, mais la trajectoire s’améliore nettement. Les recettes ont bondi grâce à une conjoncture plus favorable (croissance un peu plus soutenue, inflation qui dope la TVA, hausse des cotisations sociales et des impôts sur les sociétés). Bercy avait tablé sur un déficit proche de 130 milliards ; la réalité est plus clémente, même si la dette publique continue de grimper et que les intérêts à payer sur celle-ci atteignent des niveaux records.

Les dépenses sous contrôle, les recettes dopées

Le ministère de l’Économie et des Finances met en avant une maîtrise réelle des dépenses publiques : pas de dérapage majeur en 2025 malgré les mesures exceptionnelles (prime pouvoir d’achat, aides aux ménages, soutien aux entreprises). Mais la vraie locomotive reste fiscale : les rentrées ont dépassé les attentes de plusieurs milliards, un effet conjoncturel bienvenu après deux années de prévisions trop optimistes.

Cette bonne surprise ne masque pas les fragilités structurelles. La France reste championne européenne du déficit, loin des 3 % exigés par Bruxelles. Les intérêts de la dette, gonflés par les taux élevés, pèsent de plus en plus lourd. Et la trajectoire vers les 3 % de déficit en 2027, promise par le gouvernement, dépendra encore fortement de la croissance et des recettes, pas seulement des coupes.

Un signal positif avant le débat budgétaire 2026

Pour le gouvernement, ces chiffres tombent à pic : ils permettent d’afficher une forme de rigueur sans avoir trop taillé dans les dépenses. Roland Lescure, ministre de l’Économie, peut ainsi vanter une « trajectoire crédible » avant le débat sur le budget 2026, qui s’annonce explosif avec un Parlement toujours fragmenté. Mais les observateurs restent prudents : sans réformes structurelles profondes (retraite, chômage, dépenses sociales), le déficit risque de repartir à la hausse dès que la conjoncture se retournera. En attendant, 2025 restera comme une année où les impôts ont sauvé les meubles. Une leçon amère pour les finances publiques françaises : quand la croissance patine, c’est la fiscalité qui paie.

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