CMA CGM s’allie à Mistral AI pour accélérer sur l’intelligence artificielle
CMA CGM s’allie à Mistral AI pour accélérer sur l’intelligence artificielle

C’est un partenariat stratégique à 100 millions d’euros qui vient de voir le jour entre le géant du transport maritime CMA CGM et la pépite française de l’intelligence artificielle, Mistral AI. Un rapprochement logique, presque naturel, tant les deux entités sont déjà liées. Rodolphe Saadé, PDG du groupe marseillais, était l’un des premiers investisseurs de Mistral lors de sa levée de fonds fondatrice en juin 2023. Moins de deux ans plus tard, la start-up est devenue un symbole de souveraineté technologique européenne dans la course mondiale à l’IA. Le partenariat, annoncé hier, se déploiera sur cinq ans et vise plusieurs secteurs clés du conglomérat : les services clients de la branche logistique et maritime, ainsi que les médias. CMA CGM possède en effet plusieurs titres et chaînes influentes, dont BFM TV et La Tribune. C’est sur ces fronts que les modèles de langage développés par Mistral seront testés, avec un objectif clair : des gains de productivité tangibles et rapides.

Des outils d’IA embarqués sur tous les fronts

L’alliance ne se limitera pas à des solutions techniques importées : des ingénieurs de Mistral seront intégrés directement au siège du groupe à Marseille, pour accompagner la mise en place d’outils spécifiques. Parmi les applications envisagées, l’optimisation du traitement d’un million d’e-mails hebdomadaires reçus par les services clients de CMA CGM, ou encore la création d’algorithmes de vérification des sources dans le traitement de l’information. Le retour sur investissement est attendu sous 6 à 12 mois. Rodolphe Saadé, qui a également signé en 2023 un accord d’ampleur avec Google dans le domaine de l’IA, veut accélérer l’adoption concrète de ces technologies dans ses différents métiers. Arthur Mensch, PDG de Mistral, prévoit de multiplier par dix le chiffre d’affaires de son entreprise d’ici fin 2025, dopé par une série d’accords avec de grands groupes français comme Stellantis. Dans un contexte de tensions transatlantiques sur la régulation de l’intelligence artificielle, cette collaboration entre deux fleurons français sonne aussi comme un message politique. Un acte de foi dans la capacité européenne à développer une IA performante, éthique et souveraine.

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