Alors que la guerre dévastatrice se poursuit au Soudan, le tribunal pénal de Karari, à Khartoum, a prononcé une peine de mort par pendaison contre un citoyen accusé de collaboration avec les Forces de soutien rapide (RSF). Cette décision a suscité une vive inquiétude dans les milieux des droits humains.
Le jugement intervient dans le contexte d’une campagne lancée par l’armée soudanaise sous le slogan « Signalez un collaborateur », incitant la population à dénoncer toute personne soupçonnée de soutenir ou de coopérer avec l’autre camp. Toutefois, plusieurs organisations de défense des droits humains, dont le collectif Avocats d’urgence, alertent sur les dérives de cette initiative, qu’elles qualifient d’outil de règlement de comptes personnels et politiques, ciblant en priorité les opposants et les militants civils.
Des organisations telles que Human Rights Watch dénoncent le manque de transparence et d’équité des procès menés actuellement au Soudan, souvent fondés sur des accusations sans preuves tangibles. Elles estiment que cette situation fait peser une grave menace sur la vie d’innocents et compromet l’indépendance du pouvoir judiciaire.
Les autorités soudanaises ne se sont pas encore exprimées sur cette affaire. Pendant ce temps, les appels tant locaux que internationaux se multiplient pour demander l’arrêt des exécutions et la garantie de procès équitables respectueux des droits fondamentaux.